vendredi, décembre 2

Chronogramme de la transition : Ahmed Sékou Camara du parti AGD appelle ses compatriotes à la patience (Interview)

L’avènement du CNRD (comité national du rassemblement pour le développement) a suscité beaucoup d’espoirs chez certains jeunes leaders des partis politiques. C’est le cas d’Ahmed Sékou Camara alias Ahmed de Paris, ancien agent de football aujourd’hui président de l’alliance guinéenne pour le développement (AGD) 

 Rencontré ce jeudi 31 mars 2022 dans l’après-midi par notre reporter, le président Ahmed Camara à dans une interview, livré sa lecture sur le déroulement de la transition en Guinée et s’est aussi prononcé sur les « menaces » de la CEDEAO.

 Lisez plutôt, l’entretien ?  

Quelle lecture faites-vous de la transition en cours en République de Guinée ?

« La transition aujourd’hui est un grand défi pour l’histoire de la Guinée parce qu’à chaque fois il y a des coups d’Etat en Guinée. Nous aimerions que cette transition soit la toute dernière en République de Guinée. Ce que la junte est en train de mettre en place en tant que jeune conscient nous sommes très admiratifs, pourquoi ? parce que certains avaient pris ce pays pour leurs biens privés. Ils ont pris tout, que ça soit notre argent, que ça soit nos maisons qui appartiennent bien entendu à l’Etat. Donc le chantier qu’ils ont ouvert ne fait pas plaisir à tout le monde aujourd’hui c’est normal, parce que c’est des choses que personne n’a osé faire donc c’est tout nouveau pour les guinéens. Il ne faudrait pas qu’on cède à ce chantage là, à ce sabotage (…) La Guinée a besoin d’être comme un pays normal aujourd’hui, de fonctionner comme tous les autres pays normaux. Je pense que c’est une bonne avancée pour les guinéens surtout pour cette nouvelle génération ».

Après 7 mois de transition, il n’y a pas un chronogramme définissant la durée de la transition. Qu’en pensez-vous ?

« C’est vrai au niveau du chronogramme ça pose problème mais nous espérons que dans les jours à venir nous allons être situé sur toutes ces questions là. Mais il faudrait qu’on sache raison gardée, une charte qui a été promulguée qui dit que le tout allait se décider avec le CNT (conseil national de transition) avec les forces vives de la nation ».

Apparemment ce n’est pas ce qu’on voit sur le terrain ?

« Nous avons demandé un cadre de dialogue qui est primordial dans une transition. La transition est tout à fait politique donc le cadre de dialogue est important. Nous l’avions demandé et nous espérons que nous l’aurons. Nous avons été reçus récemment par le ministre de l’Administration Mory Condé qui nous a rassuré qu’il y aura un dialogue et il nous demandait lorsqu’on voulait un dialogue société civile – partis politiques et gouvernement mais nous on a décidé qu’il y ait un dialogue d’abord entre partis politiques et le gouvernement afin de mettre en place le chronogramme, comment va se dérouler la transition. Donc aujourd’hui on va un peu trop vite en besogne, nous savons qu’on a besoin de chronogramme mais il faudrait qu’on patiente que certaines choses soient mises en place ».

Quelle est votre observation sur l’ouverture des assises nationales… votre parti est-il représenté ?

« On a été convié à l’ouverture des assises au palais du peuple, c’est vrai que c’est une bonne chose quand on parle de paix, on ne peut jamais faire dos à la paix c’est ça que nous disons. Mais aujourd’hui faut pas oublier qu’il y a eu beaucoup de victimes, beaucoup de sangs d’innocents a été versé, il faudrait qu’on pense à rétablir la justice, apaiser ces familles qui souffrent ».

Une coalition de partis politiques (G58) a boycotté les assises nationales. Est-ce normal ?

« Chacun de nous a droit de faire ce qu’il pense être juste donc on ne peut pas être contre le choix des gens de boycotter, ils ont leurs raisons, ils ont parlé de justice et c’est tout à fait normal. Moi ce que j’aurais préféré que chacun de nous ait quand même une certaine ouverture sur la paix, c’est-à-dire que la paix, elle est primordiale quoi qu’on dise quand on vous invite à parler de paix, il est quand même important qu’on vienne mais s’ils ont choisi de boycotter c’est leur droit et je le respecte ».

À l’allure où vont les choses, s’achemine-t-on à un bras de fer entre les « grands » partis et le CNRD ?

« Je vais vous dire la vérité, le guinéen est très pressé pourtant Alpha Condé était confortablement installé dans son trône à Sekhouroureya, donc tout le monde était parti pour 6 ans, il faut le rappeler aujourd’hui si après 6 mois 7 mois on voit qu’il y a des gens qui crient de partout, ces gens-là devraient se calmer un peu parce qu’il faudrait qu’on soit sincère. Le CNRD a hérité un pays où il y a beaucoup de désordres dans l’administration, où il y’avait beaucoup de choses qui ne fonctionnaient pas réellement. Loin de défendre le CNRD mais ils sont sur une lancée que nous apprécions ».

Un mot sur l’ultimatum lancé par la CEDEAO (communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest) ?

« Je dirais que la Guinée est un pays souverain. On a vu plein de choses avec la CEDEAO surtout quand les présidents décident de marcher sur les constitutions pour s’offrir un mandat de trop ils ne font pas grand-chose. Quand il y a des choses comme ça, moi je pense qu’après tout, quoi qu’elle fasse, quoi qu’elle dise (CEDEAO) la Guinée reste quand même un pays souverain. Le plus important c’est de savoir si l’objectif de la CEDEAO est de faire en sorte que les populations souffrent parce qu’il est trop tôt de parler de certaines sanctions. Cette CEDEAO n’a jamais joué son rôle au sein des pays. Elle a laissé passer beaucoup de choses et d’ailleurs la CEDEAO est une organisation des chefs d’États et non pour les peuples et si aujourd’hui la CEDEAO se réveille pour dire quelle est pour le peuple, je dirais tout simplement tant mieux pour elle ».

Entretien réalisé par Madiba Kaba / madibak@guineerealite.info

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