dimanche, octobre 24

France-Algérie : Darmanin demande aux préfets de passer outre les accords d’immigration pour retirer des titres de séjour

Alors que la tension est toujours vive entre les deux pays, le ministre de l’Intérieur a invité les hauts gradés à retirer des titres de séjour, rapporte le Parisien.

Après le tollé qu’avaient suscité ses propos sur « une rente mémorielle » en Algérie, Emmanuel Macron a récemment fait en sorte de jouer la carte de l’apaisement, à l’occasion d’une interview donnée à France inter. Mais la tension n’est pas retombée entre les deux pays, et au sein même de l’exécutif, les points de vue divergent. Comme le rapporte le Parisien dans un article publié jeudi 7 octobre, Gérald Darmanin a réuni en début de semaine l’ensemble des préfets et patrons des directions centrales, dans le but d’évoquer la radicalisation et l’immigration irrégulière. Le jour même, il aurait enjoint les hauts gradés à délivrer des obligations de quitter le territoire français (OQTF) contre les étrangers qui se rendent coupables d’un trouble à l’ordre public, relate le quotidien régional.

« Prenez des risques »

Par ailleurs, Gérald Darmanin aurait insisté sur le fait de ne pas prendre en considération si ces derniers peuvent, ou non, bénéficier de l’accord de 1968, indique le Parisien. Selon un témoin, le ministre de l’Intérieur aurait ainsi déclaré : « Prenez des risques, même si vos décisions sont ensuite cassées par les tribunaux. »

L’entourage de Gérald Darmanin, interrogé par le média sur la question, a nié toute volonté politique de renégocier la convention de 1968. « Ce que Gérald Darmanin a demandé aux préfets, et c’est ce qu’il leur demande depuis un an maintenant, c’est de prendre les mesures de retrait de titres pour les étrangers qui troublent l’ordre public, dont les Algériens, assure une source auprès de nos confrères. Si jamais il y a un risque juridique avec la convention de 1968, le juge tranchera et on aura fait avancer la jurisprudence. »

Une « pression mise sur l’Algérie »

Des propos qui peinent à faire l’unanimité, parmi les participants à la réunion au cours de laquelle Gérald Darmanin a tenu ce discours. Le ministre « ne veut pas rajouter de la crise à la crise, mais en s’exprimant devant 150 personnes, il savait que ce sujet allait fuiter. Cela participe de cette pression mise sur l’Algérie », regrette l’un d’entre eux auprès du Parisien. Contacté par le journal, l’Élysée a refusé de s’exprimer sur le sujet. Alors qu’approche la commémoration de la répression meurtrière d’une manifestation du FLN à Paris, survenue le 17 octobre 1961, la sortie de crise semble se faire attendre.

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