Sékou Koundouno aux journalistes guinéens : « Au nom de l’honneur de votre métier, ne cédez pas face à aucune intimidation »

Aux hommes de média, au nom de l’honneur de votre métier, ne cédez pas face à aucune
intimidation et harcèlement de quelque nature que ça soit. Vous devriez rester une presse au service exclusif du souverain peuple et non aux ordres d’un groupe de gang souillé par cette gangrène qui compromet l’avenir de toute une nation.

Votre mission première est d’informer, de sensibiliser, de conscientiser et d’alerter la masse
populaire sur la gestion de la cité et les lois de la République vous protègent suffisamment
des représailles des adeptes de la dictature malgré la complicité de la justice guinéenne.
Chers Hommes de média, restez fidèles à cette feuille de route…Pas de place à la diversion.

Ne comptez pas sur la Haute Autorité de Communication, elle est infectée comme tant
d’autres institutions/organes issues d’un coup d’état civil qui a vu des centaines de nos
compatriotes perdre la vie et des dégâts incommensurables pour notre société. Unissez vos forces, adossez-vous à la loi et rebellez vous contre ces cadres véreux et autres magistrats sans scrupule aux ordres de ce clan mafieux et dangereux qui remet en cause notre prospérité et décide de faire taire vaille que vaille toutes les voix dissonantes.
La presse guinéenne est à la croisée des chemins et la situation de notre pays
l’interpelle.

Pour reprendre l’esprit d’une plume du doyen Thierno Monembo écrivain engagé,
« Les dictatures… on les confronte, on leur crache dessus, on les abat. » Cette magistrale
leçon de l’histoire, vous devrez parfaitement l’assimiler à présent. Ne reculez plus jamais
devant un groupe de despote. La liberté a un prix et ce prix, soyez prêts à le payer comme
l’ont déjà fait nombre de nos compatriotes.

Chers Hommes de média, vous devriez tenir bon et restez insoumis devant l’arrogance,
l’imposture et la forfaiture d’un système de gouvernance au crépuscule de sa fin de règne.
Voilà deux mois jours pour jours que M. Amadou Djouldé Diallo a été enlevé par des
éléments de la DPJ, conduit devant le procureur ultra- répressif du Tribunal de Première
Instance de Dixinn, inculpé et placé sous mandat de dépôt par le juge d’instruction Ousmane Coumbassa, signataire de tous les mandats de dépôt contre les opposants au troisième mandat d’Alpha Condé .

Il est scandaleux que pour une infraction qui n’est punie que d’une amende de 5.000.000
GNF au maximum, le doyen Amadou Djouldé Diallo se retrouve en détention provisoire.
C’est une violation de l’article 235 du Code de procedure pénale comme l’ont démontré avec brio ses avocats. C’est un précédent assez dangereux qui expose tous les journalistes en particulier et, de façon générale, tous les citoyens à une privation de liberté en pareilles
circonstances.

Non, ne reculez pas. Non, ne vous méfiez pas. Non, n’adoucissez pas vos propos et
investigations. Continuez vaille que vaille à dire merde. Advienne que pourra !
Soyez des insoumis car votre existence en dépend.

À bon entendeur, salut.

Sékou Koundouno responsable des stratégies et planification du FNDC

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