GUINÉE : ventres vides (Par Stéphane Kaba)

Dans un précédent texte du 14/11/2020 (Guinée : poulet sans tête), je faisais remarquer que ce sont des loups qui règnent et qui gouvernent. De quelle manière et par quelle politique de gouvernance règnent-ils en Guinée ?

Par la politique du ventre vide ou des ventres vides. Certes, c’est une politique efficace, pour qui n’a pas le souci de son peuple et du développement de son pays mais celui de ses petits intérêts égoïstes. Cependant, nous savons bien que cela ne fonctionne qu’à court et, au mieux, à moyen terme, et fini toujours par se retourner contre le ou les tyrans.

Pourquoi faire un texte kilométrique, une logorrhée sans fin pour expliquer l’évidence. C’est une politique vouée à l’échec. C’est déjà l’échec des « élites » guinéennes que j’évoquais dans mon texte précité.

Nous savons bien qu’en faisant de la généalogie et un peu d’histoire, il va sans dire que, le déclencheur des révoltes des populations et des peuples, qui peuvent aboutir à des révolutions sanglantes, ont toutes, cette particularité d’un peuple qui a faim, qui réclame du pain et du lait pour ses enfants. L’histoire est truffée d’exemples de peuples qui descendent dans la rue et renversent les pouvoir politiques et les monarchies. Je ne citerai qu’un seul exemple des plus célèbres révolutions pour laquelle un fleuve de sang et d’encre ont coulé. C’est la révolution française de 1789.

Nul besoin de lire pléthore de livres pour savoir que cette révolution, comme beaucoup d’autres, a été déclenchée par un peuple délaissé, asservis, brimé et, surtout, affamé par le pouvoir en place. Faut-il également rappeler la révolte des femmes du marché de Madina de Conakry, en 1977, je crois, qui a fait trembler le puissant régime du « grand fauve » de l’époque, le Camarade Président Ahmed Sékou Touré, père de l’indépendance guinéenne, qui a régné durant 26 ans ?

Quelle fut la cause de leur révolte ?

Un panier de la ménagère quasi vide, dû à une flambée des prix et la raréfaction des denrées de première nécessité. Or, le sang n’a que trop coulé en Guinée. Aujourd’hui, le peuple de Guinée a faim. Donc, le pire est possible et reste peut-être à venir, si les loups qui gouvernent continuent d’affamer le troupeau de brebis, le peuple. Non content d’avoir Dieu de leur côté, les loups se bombent le torse avec arrogance au lieu de travailler à construire un projet de société permettant de mettre au travail les guinéens afin d’impulser le développement du pays.

Le travail anoblit l’homme !

La faim réveille l’animal féroce qui gît en l’homme.

La foule n’est pas le peuple. Le peuple c’est ceux sur qui s’exerce le pouvoir. Quant à la foule, elle est le peuple sans tête, un troupeau qui détruit tout sur son passage.

Que reste-t-il alors ?

La providence ou l’homme providentiel ?

J’alerte les loups sur le danger qui menace à l’horizon, ainsi que les pièges du péché d’orgueil, et je prône un peuple éclairé !

Stéphane Kaba – Conakry, le 15/11/2020

 

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