Saïkou Yaya, « la population malienne a décidé de prendre son destin en main… »

Au Mali, les choses se sont vite accélérées pour Ibrahim Boubacar Keïta alias IBK. Sous la contrainte d’un groupe de militaires, le désormais ancien locataire du palais Coulouba a finalement démissionné. Dans une brève allocution télévisée, tard dans la nuit de mardi 18 à mercredi 19 Août 2020, le président déchu IBK a également annoncé la démission de son gouvernement avec à la clé la dissolution de toutes les institutions de la République.

En Guinée voisine, la situation malienne est diversement commentée. Si d’aucuns condamnent ce qu’ils qualifient de « coup d’État militaire », d’autres saluent le « courage » du peuple malien. C’est du moins l’enseignement qu’on pourrait particulièrement tirer de la réaction de Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’Union des forces républicaines (UFR).

« C’est dommage que nos Chefs d’État élus démocratiquement se comportent en des petits dictateurs. A la fin on se rend compte que la démocratie a mal en point par le fait que les Chefs d’État qui sont élus soi-disant démocratiquement se comportent de la sorte. La population malienne à décidé de prendre son destin en main pour changer le cours de l’histoire avec l’armée totalement républicaine », a-t-il réagi.

Parlant toujours du Mali voisin, le proche collaborateur de Sidya Touré compare la situation guinéenne à celle de Bamako. « Un coup d’État militaire n’est pas différent d’un coup d’État civil comme c’est le cas en Guinée. Le changement d’une constitution pour faire plaisir à une personne, c’est un coup d’État, on ne peut pas le nier », a déploré M. Barry qui, visiblement n’est pas du tout satisfait de la démarche que la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) est entrain de mener.

« La communauté internationale devrait garantir que la démocratie et l’alternance se passent normalement dans notre espace CEDEAO. C’était lune des meilleures organisations, la plus respectée de l’Afrique. Malheureusement nous constatons que des choses se passent comme c’est le cas en Guinée où la CEDEAO a tenté de venir régler un problème avant qu’il y ait ce coup d’État constitutionnel, ils n’ont pas réussi. Au Mali, ils ont tenté mais malheureusement la population et l’armée ont décidé autrement. Ce que je dois dire, c’est que les Chefs d’État d’Afrique de l’ouest qui sont élus démocratiquement doivent se rendre comptent qu’ils ne sont pas les seuls élus de Dieu. Ils sont choisi pour un temps ils n’ont qu’à faire leur temps et laisser d’autres aussi faire ce qu’ils peuvent faire. On ne peut pas être Messi tout le temps », a rappelé Saïkou Yaya Barry.

Madiba Kaba / madibak@guineerealite.info

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