OPINION. La Guinée, pris en otage par son président Alpha Condé (Par Aboubacar Traoré)

Depuis dix ans, la république de Guinée ressemble à un avion détourné. Le preneur d’otage n’est autre que son président et les otages eux n’ont pas changé, il s’agit toujours du peuple Guinéen. 

Alpha Condé, gouverne les « rivières du sud » depuis 2010, à 81 ans, il veut se présenter fin 2020 pour un troisième mandat, ou un premier mandat de sa nouvelle constitution. Jouant au pompier pyromane avec son peuple sur la modification constitutionnelle et un éventuel mandat de la nouvelle république qu’il veut mettre en place et qu’il a mis en place en pleine pandémie de la covid19. Depuis, ses partisans louent sa vivacité , son amour du peuple Guinéen , sa sagesse, son travail exemplaire. L’opposition, pas surprise de sa volonté et de sa détermination à s’éterniser au pouvoir, dénonce de son côté, son bilan catastrophique.

Son projet de modification constitutionnelle rejeté par l’immense majorité de son peuple et des démocrates, mais il a réussi par une mascarade d’élection à le faire accepter au nom d’une infime partie du peuple de Guinée. Depuis 2010, ce vaillant peuple, a chacune de ses manifestations pacifique pour exprimer son mécontentement, son désir d’une vraie démocratie et du respect de sa constitution, se fait massacré par les policiers et militaires envoyés par son dirigeant sanguinaire. Dans le pays de Condé, les opposants sont manipulés, enfermés, intimidés, et mis en résidence surveillée. Le citoyen Guinéen n’ose pas s’opposer au pouvoir, au risque de se voir lynché, ou lynché leur famille.

Pour un dirigeant, qui a passé son baccalauréat au lycée Pierre Fermat de TOULOUSE avant d’intégrer La Sorbonne selon ses dires, d’y enseigner le droit et qui s’est opposé à tous les gouvernements Guinéen depuis son indépendance et qui par des manipulations électoralistes est arrivée au bout de son objectif à 70 ans: être président de la république, son peuple se demande ce qu’il entend par droit constitutionnel, respect des règles démocratique,  et de liberté d’expression.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2010, certes, Alpha Condé a construit des hôtels ( il passe d’ailleurs tout son temps à se vanter de cela), certes il s’est enrichie, certes il a renforcé son pouvoir, certes il a épousé plusieurs femmes, mais pour son peuple, son bilan est tout simplement catastrophique tant, économiquement, culturellement, socialement, humainement, que démocratiquement. Les dix ans de mandat d’Alpha Condé se résume pour son peuple à: pas d’accès aux soins de santé, à l’eau potable, à l’éducation, à l’électricité, un taux de chômage élevé, une pauvreté grandissante, et un taux de criminalité les plus élevés d’Afrique subsaharienne, voir d’Afrique toute entière .

Depuis dix ans, Alpha promet la construction des routes, des hôpitaux, l’école pour tous, le travail pour tous et ne les réalise pas, la route Boké-Gaoual en est un exemple, une route économiquement rentable, mais catastrophiquement pénible a traverser.  Un tronçon de 190 Km, que certains parcourent en six heures. Mais la population de Gaoual continue toujours de voter pour lui, ou peut être les gaoualois sont manipulés par les corrompus fils de son administration. 

En dix ans de règne Condé, ce sont des centaines de morts, des Guinéens tués dans des conditions extrêmement atroces; une répression sanglante de toutes manifestations. 

En dix ans nous avons vu un Alpha Condé se pavaner dans le monde; une instabilité extraordinaire du gouvernement. 

En dix ans, nous avons vu le président Condé s’embourber et embourbé le pays dans des chantiers solitaires, hasardeux totalement contraire aux intérêts des guinéens ; 

En dix ans, nous avons vu le président s’entêter à appliquer sa vision anti républicaine, son principe d’inégalité des citoyens, et son ethnocentrisme exacerbé. 

En dix ans nous avons vu l’école guinéenne perdre le peu de crédit qui lui restait, les programmes, jamais achevés, les professeurs abandonnant leur lieu d’affectation, et les élèves livrés à eux-mêmes ; 

En dix ans nous avons vu du sang  guinéen coulé, des femmes violées, par la faute d’un régime incapable. En dix ans, nous vu la police guinéenne  s’effondrer, perdre le peu de crédit que le peuple  lui accordait, une police qui se dit républicaine, mais au service du sale service de son président; 

En dix ans, nous avons vu la désolation dans notre pays; nous avons vu la corruption se généraliser et se normaliser et l’impunité devenir la norme et le quotidien du Guinéen.

Si, en dix ans, il n’a pas pu apporter quelque chose de bien aux Guinéens, ce n’est pas  en modifiant la constitution pour s’éterniser ou s’accrocher au pouvoir jusqu’à sa mort qu’il le fera. Au lieu de finir son deuxième mandat en paix, cultiver l’amour entre les guinéens, réduire le chômage, la criminalité, et passer la main à une nouvelle personne, Alpha Condé confirme juste sa méchanceté, son mépris, son ethnocentrisme et sa politique de diviser pour régner vis-à-vis des Guinéens et de la Guinée. Jamais dans l’histoire de la République de Guinée, la fonction de président n’aura été autant affaiblie, même l’armée a fait mieux

Pourquoi Alpha Condé ne veut pas ou ne peut pas céder sa place a quelqu’un d’autre ? C’est Alpha Condé lui même qui donne la bonne réponse sur:  https://youtu.be/ZHS9YnEIPRk

En Guinée, on a l’impression que tout lui appartient, le gouvernement, l’armée, la police, les mairies, l’assemblée nationale, les chaînes de télévision publique les chefs traditionnels, les enseignants d’université, la plupart vivent pour et par Alpha. La population en est-elle responsable? Oui. Le plus grand mal de la Guinée n’est en évidence pas Alpha Condé son président, mais c’est celles et ceux qui le font croire immortel, irremplaçable, et qui passent tout leur temps à faire l’apologie de ce régime moribond. Parmi ces personnes, ils y a toute catégorie socio-professionnelles: des journalistes, des médecins, des fonctionnaires corrompus de l’administration, et au milieu de tout ça, le bas peuple, qui se fait manipulé, instrumentalisé, ethnicisé, tout simplement par ce qu’il est pauvre, tout simplement, parce qu’il ne sait pas lire.

En Guinée, lorsque près de 51 % des revenus sont accaparés par 20 % de la population la plus riche dont Alpha Condé, alors que moins de 5 % des revenus sont redistribués entre 20 % de la population la plus pauvre, l’élite guinéenne au pouvoir ne peut échapper à sa responsabilité, sa myopie stratégique et surtout sa prévarication gourmande qui se fait au détriment de la majorité des citoyens Guinéen. Les chocs violents entre les nihilistes de tous poils et ces élites guinéenne irresponsables et inconscientes risquent de s’opérer avec encore plus de violence dans les années à venir. 

J’invite donc, les concitoyens guinéens à cultiver autour d’eux, le respect des valeurs républicaines et d’excellences que sont, le respect des lois, le respect du bien public et privé, le dialogue et la tolérance, la lutte contre la corruption, le travail acharné, la culture de l’ordre et la discipline, et enfin le respect de l’autorité. La Guinée ne peut se développer qu’avec les Guinéens. Mais comment peut on demander aux citoyens de respecter la loi et l’ordre républicain, si le premier magistrat du pays ne le respecte pas, comment peut-on demander aux citoyens guinéen de cultiver la valeur travail, si l’élite guinéenne dilapide ses ressources et investissent dans d’autres pays. La Guinée est victime des Guinéens et c’est aux Guinéens d’apporter une solution à la Guinée.

Vive l’unité nationale et vive la Guinée

Aboubacar Traoré, Depuis Toulouse-France

L'équipe de Guinée Réalité attend vos messages dans les commentaires et sur redaction@guineerealite.info