Mali: les jeunes opposants appellent à la démission du président et à la reprise des manifestations

Images des manifestations déroulées courant juin dans la capitale Bamako (Archives)

Les jeunes du mouvement qui mène la contestation contre le pouvoir au Mali ont réitéré dimanche à Bamako leur appel à la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta et à la reprise des manifestations après le 3 août, à quelques heures d’un sommet régional sur la crise politique dans ce pays.

Cet appel a été lancé samedi lors d’une Assemblée générale (AG) des jeunes du Mouvement de contestation dit M5, une coalition hétéroclite de chefs religieux et politiques et de membres de la société civile. Un millier de personnes y ont participé en présence de responsables du comité stratégique du M5, selon un journaliste de l’AFP. Les jeunes sont les fers de lance des mobilisations menées depuis juin contre le président Keïta, élu en 2013 puis réélu en 2018 pour cinq ans.

Le M5, qui l’accuse d’avoir failli à sa mission, a plusieurs fois demandé son départ du pouvoir, alors que le pays est en proie à des violences jihadistes et intercommunautaires. Un sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) est prévu lundi par visioconférence, après une médiation infructueuse de cette organisation jeudi à Bamako dans la crise politique qui secoue le Mali. « Nous avons décidé du maintien du mot d’ordre du M5, c’est-à-dire la démission du président IBK », surnom du chef de l’Etat malien, a déclaré samedi à l’AFP Ousmane Mamadou Traoré, un responsable des jeunes du M5, rendant compte de l’AG. « Après la trêve, nos actions vont reprendre de façon harmonieuse et sans violence », a dit à l’AFP Abdourahmane Diallo, un autre responsable des jeunes. « Nous avons décidé aussi de reprendre la désobéissance civile le 3 août », a affirmé à l’AFP leur camarade Mariama Keïta.

Le mouvement de contestation au Mali a annoncé le 21 juillet une « trêve » jusqu’après la grande fête musulmane de l’Aid al-Adha prévue le 31 juillet, après plusieurs manifestations. Le 10 juillet, la troisième grande manifestation contre le pouvoir avait dégénéré en trois jours de troubles meurtriers à Bamako, les pires dans la capitale depuis 2012, qui ont fait 11 morts selon le Premier ministre Boubou Cissé. Une division de la Mission de l’ONU dans le pays (Minusma) parle de 14 manifestants tués. Le M5 évoque 23 morts.

La Cédéao a notamment proposé le 19 juillet la formation d’un gouvernement d’union nationale et d’une nouvelle Cour constitutionnelle sur une « base consensuelle », chargée de résoudre le litige autour des résultats des législatives de mars-avril. Au climat d’exaspération, nourri depuis des années par l’instabilité sécuritaire dans le centre et le nord du pays, le marasme économique ou une corruption jugée endémique, est venue s’ajouter l’invalidation par la Cour constitutionnelle d’une trentaine de résultats des élections législatives de mars-avril.

Dépêche AFP

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