Sénégal: un véhicule de l’armée saute sur une mine en Casamance, 8 blessés légers (source militaire)

Huit soldats sénégalais ont été légèrement blessés lorsque leur véhicule a sauté sur une mine lors d’une opération de lutte contre les trafiquants de bois et de drogue en Casamance, région du sud du Sénégal en proie à une rébellion indépendantiste, a-t-on appris dimanche de source militaire.

La mine a explosé au passage d’un pick-up de l’armée samedi après-midi, entre les villages de Lefeu et Yayem, près de la frontière avec la Gambie, a affirmé à l’AFP cette source militaire. Le véhicule a été « détruit à environ 40% et il y a huit blessés légers » parmi les soldats, membres d’une « unité en opération dans le cadre de la lutte contre les trafics de bois et de chanvre » indien dans cette zone, a indiqué la même source.

La Casamance, qui fait partie des régions les plus boisées du Sénégal, est victime d’un intense trafic de bois qui la menace de désertification, alertent depuis plusieurs années les défenseurs de l’environnement. Les coupeurs de bois profitent de la porosité des frontières pour acheminer leur produit en Gambie voisine, malgré le renforcement des contrôles par l’armée, les garde-forestiers et les populations ces dernières années, selon des sources de sécurité et des défenseurs de l’environnement.

La région est également parmi les principales au Sénégal où est cultivée le chanvre indien, selon des sources de sécurité. En partie isolée de la partie nord du Sénégal par la Gambie et confrontée depuis 1982 à une rébellion indépendantiste armée, la Casamance avait connu un regain de violences début 2018, à la suite du massacre de 14 hommes partis chercher du bois dans une forêt, près de Ziguinchor, principale ville de la zone.Une vingtaine de suspects, dont un journaliste local, arrêtés depuis plus de deux ans à la suite de cette tuerie, sont en détention préventive.

Le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), divisé en plusieurs factions rivales, y mène la rébellion indépendantiste. En 35 ans, le conflit a fait des milliers de victimes civiles et militaires, ravagé l’économie de cette région agricole et touristique, et poussé de nombreux habitants à fuir. Il connaît cependant depuis plusieurs années une accalmie, alors que les tractations de paix se sont multipliées depuis l’arrivée au pouvoir du président Macky Sall en 2012.

Dépêche AFP

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