TRIBUNE. Apprenons à faire la politique pour les générations futures (Par Akim Bah)

Le Guinéen accomplira le véritable premier pas dans la politique, le jour où il prendra le temps de discuter, avec ses semblables, sur la manière de réaliser ensemble, pour eux-mêmes, quelque chose que personne d’entre eux ne peut entreprendre et mener à bien tout seul. La volonté de vivre ensemble, qui naîtra ainsi, se tissera par l’échange de propos, par la liberté de paroles dont jouiront les membres du parti. Il va sans dire que la restriction d’une telle liberté de paroles entraîne l’extinction du renouvellement de la volonté de vivre ensemble et, à la longue, le dépérissement de la communauté politique.

L’échange de propos ne sera pas toujours sporadique. Il s’organisera et prendra la forme de débat. Il s’instituera en parlement du parti dans le souci de définir le contour des réalisations qui, aux yeux et à l’entendement de la majorité, permettra la meilleure vie commune. Ainsi se posera le fondement de la politique: « la définition de la meilleure entreprise commune », autrement appelé projet de société.

Par la confrontation de son rêve avec ceux de ses concitoyens, le Guinéen accédera au rêve national, celui de l’immortalité et de l’éternité à conférer aux réalisations collectives. Même quand il ouvrira ses yeux sur sa fragilité et sur sa condition d’être mortel, doté d’une durée de vie ridiculement courte face au temps requis à la Nation pour réussir son développement, il transférera son rêve à ses coéquipiers de la nouvelle génération à travers laquelle il pourra le vivre et, en élite consciente, s’atteler à son devoir de génération. Apprenons, donc, que quand on fait la politique pour soi-même, on la fait toujours mal. Parce qu’on se voudra au départ et à l’arrivée, au même moment.

Akim Bha, Citoyen Engagé

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