Circulation à Conakry : les usagers se plaignent de l’envahissement des passerelles

Le ministère des Travaux publics a construit de nombreuses passerelles au niveau des principaux carrefours de Conakry, en vue d’une part de fluidifier la circulation en ces endroits, et d’autre part, pour réduire les risques qui s’y produisaient.  Pour autant, ces deux problèmes demeurent par endroit.

La faute au civisme et à l’entêtement incompréhensible de certains citoyens. En effet, nonobstant ces passerelles, on a toujours des piétons qui préfèrent, à leurs risques et périls, continuer à traverser la route en se faufilant entre les véhicules. Pendant ce temps, les passerelles qui auraient servi à traverser sont transformer en lieu de vente de divers articles, comme en témoignent les images ci-dessous.

Mais ce que dénoncent surtout certains, c’est l’espèce d’aveu d’impuissance que les autorités opposent à cette situation. En effet, a comme une sorte de complicité entre ceux qui ont transformé ces passerelles en lieu de vente et les agents de maintien d’ordre.

Dans certains cas, les agents vont jusqu’à interdire aux piétons d’emprunter les passerelles. Dimanche matin au grand marché de Gbéssia rond-point, des citoyens ont bien voulu interpeller les autorités compétentes sur la nécessité de chasser les nombreux vendeurs qui ont finalement envahi ces passerelles.

« Cette situation me choque au plus haut point, mais ce n’est pas eux, les forces de sécurité sont complices de cette situation. Autrement, à l’intérieur du marché, il y a bien de l’espace. Alors, comment les agents peuvent laisser ces gens là occuper tout le pont ? Au point que nous ne pouvons même pas passer tranquillement alors que ces ponts ont été construits pour empêcher les gens de traverser la route », s’indigne Salifou Keïta rencontré juste à la montée de la passerelle.

Ayant entendu la récrimination de Keïta, Adama Camara une des vendeuses mises en cause, répond : « Nous ne venons pas occuper cet espace de gaieté de cœur. C’est parce que nous n’avons aucun choix mon frère. Nous avons lancé beaucoup d’appels dans ce sens afin que l’État se bouge un peu pour nous donner un endroit où vendre nos produits mais pour l’instant aucune réponse. C’est ici nous venons chercher de quoi nourrir nos enfants. Le mieux est donc de demander au président de trouver une solution », lance-t-elle.

Sans surprise, aucun agent des forces de sécurité que nous avons remarquées sur les lieux, au moment de notre reportage, n’a voulu se prêter à nos questions. Autre fait qui a attiré notre attention, c’est le non-respect des mesures barrières alors que le pays est en pleine période de l’épidémie de la maladie du nouveau coronavirus, avec au moins 11 morts, selon l’ANSS.

Madiba Kaba / madibak@guineerealite.info

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