Guinée – COVID-19 : l’état d’urgence tarde à être appliqué dans certaines zones minières du pays…

De gauche à droite: Monsieur Fadi WAZNI, PDG de la SMB et le Président Alpha Condé lors d'une visite dans les installations de la Société Minière de Boké (Image archive)

Officiellement, l’état d’urgence sanitaire décrété, jeudi 26 mars 2020, par le Président Alpha Condé, est entré en vigueur depuis le même jour à minuit, dans tout le territoire national. 

Mais selon  le constat  de  notre reporter,  sillonnant vendredi 27 mars courant, quelques  zones minières  notamment  celle de Boké, cet état d’urgence, déclaré dans le but de limiter la propagation de l’épidémie de Coronavirus (COVID-19), n’était toujours pas appliqué. 

« (…) On dirait que nous sommes pas concernés par cette mesure, puisque nulle part, dans sa déclaration, le Président n’a fait cas de la fermeture des zones minières… Pour preuve vous voyez des bus remplis de travailleurs et autres usagers. Les usines fonctionnent à merveille. Au lieu de fermer ces mines, Alpha Condé a préféré fermer les lieux de cultes et les écoles. C’est incompréhensible », nous a confiés ce salarié de la SMB (Société Minière de Boké), qui a requis l’anonymat. 

A quelques pas de là, est situé  un  Bar café où des jeunes  rencontrés ont bien voulu se prêter aux questions de notre reporter : « pourquoi l’état d’urgence du  Professeur  Alpha Condé  ne concerne pas les mines de Boké, Boffa et Télimilé etc, étant des zones à forte concentration en terme de populations ? Alpha ne privilégie-t-il pas ses intérêts à la santé de sa population ? », s’interrogent-ils en chœur.

Poursuivant, l’un d’entre eux se dit inquiet avec la floraison des sociétés minières  qui, au lieu de lutter contre la pauvreté à travers la création d’emplois pour la jeunesse,  aggrave plutôt la situation.

Visiblement déçu de cette situation de précarité, d’une part et le laxisme dans la riposte face au Coronavirus, de l’autre, le jeune Bouba Camara dénonce, « déjà, depuis l’arrivée de ces sociétés minières à Boké, notre santé est exposée à la suite de l’exploitation sauvage de nos ressources sans aucune mesure d’accompagnement comme cela se doit. Nos parents qui vivaient de l’agriculture, aujourd’hui dorment à la belle étoile. C’est la pollution partout, la qualité de l’air a changé pour nous, c’est l’assèchement des cours d’eaux, etc. On a pas de travail, donc le matin on se retrouve ici au café. Ce sont des chinois et des ressortissants d’autres régions du pays qui sont privilégiés au détriment des fils et filles de Boké. Vous voyez la poussière partout. C’est notre quotidienAlors imaginez avec cette nouvelle maladie aussi qu’on appelle Coronavirus. Nous sommes inquiets. On apprend que l’aéroport de Conakry est fermé mais les ports où ces bateaux accostent sont ouverts et Dieu seul sait le nombre de chinois qui y entrent et sortent. C’est dommage pour notre pays », a-t-il marte. Ci-dessous, quelques images d’archives prises dans les zones minières de Boké.

Madiba Kaba / madibak@guineerealite.info

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