Des habitants de Kakimbo dénoncent : « Il y a des citernes qui déversent des déchets dans la rivière… c’est invivable »

Les déchets et toute sorte d’ordures ménagères sont déversés çà et là. Nous sommes dans la Forêt de Kakimbo, située dans la commune de Ratoma, à Conakry. Selon le constat de votre quotidien d’informations et d’investigation (www.guineerealite.info) à travers un de ses reporters, l’environnement  est gravement menacé  dans cette partie de la Capitale guinéenne. 

Au delà de  la  dégradation de son environnement, les habitants  de la  Forêt Kakimbo composés en majorité  des jeunes sont frappés par le chômage. N’ayant aucune activité génératrice de revenus, certains jeunes se livrent à toute sorte de vises notamment la consommation du chanvre indien (drogue). D’où la criminalité qui sévit dans la zone. 

Mamadou  Saliou  Kouyaté,  habite dans la Forêt de Kakimbo  depuis 18 ans. Il a bien voulu se confier à notre rédaction pour raconter les difficultés qu’ils rencontrent, « (…) on est là, beaucoup de jeunes, les frères, il y a certains qui sont des travailleurs, des diplômés et des chômeurs aussi. Cette Forêt est devenue invivable, il y a des citernes qui partent dans le quartier faire des vidanges, prendre des déchets et venir ici négocier avec les gardes pour vider les déchets dans la rivière. Ça devient sale parce qu’il n’y a plus de contrôleur et ces gens pensent que comme Kakimbo été saccagé, il y a plus personne là-bas, c’est devenu un dépotoir d’ordure»,  explique-t-il. 

Pour Yagouba Kouyaté, également habitant  de la Forêt Kakimbo, vers les années 2000, la rivière de  Kakimbo était  très fréquentée  par des jeunes de Conakry à cause de la beauté de son environnement et de son climat, « cette rivière tu pouvais venir trouver la rivière là très propre, tu peux même quitter cinq kilomètres et sauter dans l’eau propre. Avant lorsque nos parents étaient là, ils cultivaient l’agriculture à côté de la rivière et en faisant l’agriculture ils peuvent nettoyer beaucoup de saleté. Maintenant que l’État a chassé tous nos parents, il n’y a aucune maison ici donc la rivière est devenue très sale. Tout le monde est parti, il n’y a plus personne pour prendre soin de cette rivière », a déploré M. Kouyaté.

Non loin de la  Forêt de  Kakimbo se trouve un espace aménagé par des vendeuses  de légumes. Ces femmes font le maraîchage au bord de la rivière comme pour dire qu’elles ne souffrent que  de manque d’entretien  de cette rivière, « il y a certaines vendeuses qui viennent chaque matin à 6heures dès fois, d’autres viennent à partir de 5heures pour cueillir les légumes et envoyer au marché. Je pars vendre jusqu’à 14h après revenir arroser les autres plantes », nous a confiés cette dame qui a requis l’anonymat.

L’autre problème autour de cette Forêt de Kakimbo, c’est la présence de l’abattoir de Conakry. Une odeur suffocante s’y dégage. Thierno  Ibrahim Diallo habite  dans  la zone, « il y a des gens qui sont à l’abattoir ici, ils tuent les vaches et le sang qui se verse, ils nettoient pas ça et cela donne une odeur insupportable qui peut même donner une maladie à la personne », déplore-t-il avant d’ajouter, « il faut que l’État déplace cet abattoir pour envoyer ça vers Coyah (…) là-bas c’est mieux, sinon nous allons avoir des maladies ici », a lancé M. Diallo. 

Selon nos informations, c‘est en 2019 que le gouvernement guinéen a démoli des maisons construites  autour de la Forêt  de Kakimbo. Les propriétaires ont quitté les lieux mais certains de leurs fils ont élu domicile dans cette Forêt, selon Yagouba Kouyaté, « nous les jeunes nous n’avons pas où aller depuis la casse de nos maisons. Tous nos parents étaient à Kakimbo ici, nous aussi on est né ici on ne connaît que Kakimbo (…) beaucoup de nos parents sont aujourd’hui au village mais nous, nous restons ici sans situation, sans travail () », a-t-il expliqué. 

A la lumière de notre constat, il est temps, grand temps pour les autorités compétentes de  prendre des dispositions idoines pour mettre de l’ordre dans cette Forêt en sauvant ainsi l’environnement menacé. 

Madeleine Kotus / madeleinekotus@guineerealite.info

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