Me Mohamed Traoré interpelle Albert Damantang : « M. le ministre, même un bandit a droit à la vie »

Pas plus tard que la semaine dernière, le ministère de la sécurité et de la protection civile déclarait  dans un communiqué que le jeune Mamadou Moussa Kanté,  âgé de 19 ans,  tué par  des agents des services de sécurité, dans la nuit de  lundi  27  à mardi  28 janvier 2020, a été « signalé pour fait de banditisme et d’agression sur les citoyens. »

En réaction à la déclaration des autorités compétentes, justifiant l’assassinat du jeune Mamadou Moussa, Me Mohamed Traoré dira que même un bandit a droit à la vie et que cela ne justifie d’ôter la vie à un être humain, « Monsieur le Ministre, même un bandit a droit à la vie. Le tuer alors qu’il existe un moyen de le mettre hors d’état de nuire ou de l’arrêter pour le livrer à la justice, est une exécution extra-judiciaire, donc un meurtre. Sans compter qu’il ne suffit pas de dire que c’est un bandit pour que ce soit vrai », a-t-il fait remarquer. 

Par ailleurs, Me Traoré dénoncera les multiples descentes  policières  dans les quartiers, généralement soldées par des meurtres et autres exactions  sur  des citoyens, « Lorsque des hommes censés maintenir ou rétablir l’ordre public entrent dans des habitations, renversent des marmites, déchirent des sacs de riz et en éparpillent le contenu par terre, renversent le contenu d’une poubelle dans un puits dans un quartier où la SEG ne fournit pas d’eau, brisent les pare-brises de véhicules stationnés, détruisent ou retirent des motos, dépouillent les citoyens de leur argent, de leurs téléphones, on pourrait bien se demander s’ils sont différents de ceux que vous qualifiez de bandits. Certains hommes portant l’uniforme sont plus dangereux que ceux-ci puisque, en plus, eux ils sont autorisés à porter des armes », a dénoncé Me Mohamed Traoré, avocat au barreau de Guinée.

Diawara Thierno Oumar / todiawara@guineerealite.info

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