Tueries du 22 janvier 2007: « Il faut que justice soit rendue aux victimes », crie Rabiatou Serah Diallo

A l’origine de ces douloureux événements du 22 janvier 2007, alors secrétaire générale de la CNTG (Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée), Hadja Rabiatou Serah Diallo a brisé le silence. Selon elle, il faut que justice soit rendue aux victimes de cette triste journée, pour que la Guinée bouge, « ça fait grincer le cœur, ça donne beaucoup de souvenirs, pas de bon souvenir parce que il y a des gens qui ont péri dedans (…) Il y en a d’autres qui ont perdu leurs biens et leur dignité », rappelle-t-elle avant de dénoncer l’«indifférence» des autorités compétentes, « c’est l’impunité, le fait que justice n’est pas rendue, c’est ce qui fait mal parce que c’est devant la porte de nous tous (…) ça intéresse tout le monde: le gouvernement, le simple citoyen. Je pense que cette journée du 22 janvier 2020 va amener tout un chacun à méditer sur ces événements passés afin que justice soit rendue », a lancé Hadja Rabiatou Serah Diallo.

Selon la présidente du Conseil Économique et Social, il ne faudrait pas toujours attendre la justice divine pour régler certaines choses, « n’attendons pas tout chez Dieu (…) Dieu ne peut pas résoudre tout ça à l’au-de-là. Donc il y a des choses qu’il faut faire pour essuyer les larmes des victimes. Moi je me dit que quelque fois tout ce qui arrive encore à la Guinée, c’est parce qu’il n’y a pas eu encore de justice pour ces victimes, donc c’est une punition. Dieu est entrain de punir tout un chacun en sa façon (…) Donc c’est pour cela il faut que chacun interpelle l’autorité pour que justice soit rendue », déclare-t-elle.

Si la Guinée continue de revivre les mêmes événements douloureux, c’est parce que la justice n’a jamais été rendue dans ce pays, « honnêtement, il faut que les guinéens se ressaisissent qu’on remette les pieds sur terre. Chacun connaît un peu l’histoire de ce pays (…) Pourquoi on doit revivre ça aujourd’hui ? C’est parce que justice n’a pas été rendue (…) S’il y avait eu des sanctions, si les coupables étaient connus, on sait qui a fait quoi, je pense qu’on allait pas vivre ce qu’on est entrain de vivre aujourd’hui (…) Parce que ça devient encore pire et tout le monde est responsable », a conclu la patronne du CES.

Madeleine Kotus / madeleinekotus@guineerealite.info

L'équipe de Guinée Réalité attend vos messages dans les commentaires et sur redaction@guineerealite.info