Lansana Kouyaté sur les législatives du 16 février : « La CENI est à la solde du pouvoir…»

Le leader du Parti de l’Espoir pour le Développement National (PEDN) s’est largement prononcé sur les conditions de préparations des élections législatives annoncées pour le 16 février prochain en Guinée

Dans un entretien accordé à la branche française de la chaîne russe d’informations internationales RT, Russian Today, Lansana Kouyaté a vigoureusement dénoncé la « complicité » de la CENI dans le projet de nouvelle constitution en se laissant « manipuler » par le pouvoir de Conakry, « le président a voulu procéder au changement de constitution il y a de cela maintenant un an qu’il travaille là-dessus et à un moment donné il a compris que, ça ne mord pas, la moutarde ne prend pas et le peuple n’accepte pas (…) Et dans ces conditions, il a été amené à commencer par les élections législatives. Mais de quelles élections législatives il s’agit ?  Il s’agit d’une élection législative dont le fichier électoral, puisque la base quand même c’est le recensement des votants (…) Cette base est totalement tronquée, il y a eu tellement d’anomalies, à l’intérieur comme à l’extérieur de la Guinée, qu’on ne saurait aller à ces élections (…) Le système est totalement corrompu, corrompu par les machines et corrompu par les hommes (…) Et ce n’est pas le seul problème, c’est qu’on a une Commission Électorale Nationale Indépendante dont le nom est bien Commission indépendante, donc qui doit être indépendante de toutes institutions y compris de l’exécutif. Mais c’est une commission « godillot » (…) Elle est à la solde du pouvoir, qui fixe les dates. Une première date a été fixée unilatéralement par le président de la République, ce qui est inacceptable quand on respecte les institutions. Une deuxième date est fixée et dans des conditions de préparations que tout le monde reconnaît comme étant des recensements attentatoires  à la sérénité de cette élection (…)  », regrette-t-il avant de réitérer la  détermination  des partis  politiques  membres de  l’opposition plurielle, à empêcher non seulement la tenue de ces élections mais aussi et surtout empêcher par tous les moyens légaux  le projet controversé de 3ème mandat, « donc on y va pas, ce n’est pas que deux (02), c’est peut être une dizaine de partis plus la société civile et le corps des enseignants aussi s’y mêle. Ce n’est pas une histoire d’ethnie, ça j’insiste là-dessus, c’est une histoire de gens qui veulent que la Guinée marche dans la voie de la démocratie tel que stipulé par les textes », a déclaré l’ancien PM du gouvernement de large consensus sous le défunt régime du général Conté.

Diawara Thierno Oumar / todiawara@guineerealite.info

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