Pour l’honneur national, « Non » au projet de constitution (Par Professeur Lancinè Kaba)

Bonjour. J’adresse cette lettre à vous tous et toutes, où que vous vous trouviez. Un danger plane sur l’avenir de notre pays. Le sujet, brûlant, mérite l’attention du public patriote et lucide. Parce que le sujet est d’une importance capitale, le message s’adresse, par conséquent, de manière implicite, au Président Alpha Condé, Car, par le miracle qui régit l’univers et les affaires humaines, c’est lui qui, en ce moment, décide de la destinée de notre pays (mais le Pouvoir appartient à Dieu Seul, IL le confie et l’enlève librement et souverainement, comme IL veut). Nous souhaitons que le Président entende raison pour le grand bonheur de la Guinée. Il y va de l’intérêt général,  de son propre honneur et de sa place dans l’histoire.

Nous parlons de ce qui se passe. Et, ce qui se passe, par nature, peut plaire, parfois; il peut aussi choquer, énerver, irriter et déplaire, surtout quand il déchire les  cœurs. Dans de telles situations, nul citoyen perspicace ne peut s’offrir le luxe de rester indifférent, surtout quand la situation actuelle est loin d’être satisfaisante. Tel est le cas en Guinée. Le contexte s’aggrave, s’empire à Conakry et ailleurs. Partout les familles souffrent de la pauvreté, du chômage et des maladies. La violence s’escalade dans les quartiers; le nombre des victimes de la brutalité augmenté. En apparence, les autorités sont prêtes à matraquer les innocents, à effrayer davantage les populations et à jeter « calmement », en apparence, leur dévolu sur elles face à l’opinion internationale. Les vexations des forces de l’ordre, dans un tel contexte, deviennent monnaie courante déplorable.

Les faits récents, en plus des événements d’octobre à Conakry et ailleurs, obligent à réfléchir. Mieux, ils invitent aussi à l’action délibérée, courageuse et intelligente face à l’escaladation incessante des brutalités; et celles-ci sont contraires aux principes élémentaires du droit et de la justice. Il est évident que tous ces événements liés à la volonté malhonnête de manier les règles, ou mieux de « manigancer pour faire accepter un projet inacceptable » inspirent le dégoût moral.

L’incarcération de Sanoh et des autres membres du FNDC est illégale et arbitraire. Ces actes, et le sort des victimes de l’abus du pouvoir, tout cela exige la dénonciation du faux et du mensonge. La vérité brille avec évidence, elle brillera encore, car elle est toute patente. Les consciences se révoltent contre toutes les manipulations et les manœuvres du gouvernement effectuées pour tromper les consciences, la volonté populaire nationale et l’opinion extérieure. En somme, ce qui se passe est digne de Machiavel, c’est horrible.

Le droit et la justice doivent triompher. Il faut une mobilisation générale des bonnes volontés, une force colossale, mais paisible, pour démontrer la détermination des populations contre les agissements inacceptables, perfides et honteux des autorités. Il faut défendre l’honneur de la Guinée. A cet effet, nous invitons les agents de l’ordre, hommes et femmes, tous, gens de distinction et de famille, à joindre le mouvement de sursaut et de protestation contre un projet qui fait honte au pays. Il faut, un tel sursaut contre les machinations ignominieuses.

De tels engagements que nous espérons salutaires, aideront la République de Guinée; et également son Président, qui naguère avait impressionné des populations de diverses origines, à retrouver une partie de la popularité qui auréolait son nom. « M. le Président, un tel changement, reconfirmera votre ardeur d’antan pour les causes justes et les valeurs honorables, condition excellente pour sauvegarder votre image et votre place dans l’histoire, la postérité importe, n’est-ce pas?. »

Pour de bonnes raisons, le message présent, se veut sciemment simple et candide; il évite la confrontation. Au fond, il rejette le pessimisme et la confrontation. Il préconise les sentiments de fraternité et de solidarité qui nous lient tous ensemble, malgré les différences de choix et de tempéraments, et malgré l’aggravation récente du climat de violence. Comme cette situation est dangereuse et inexcusable, nous implorons les autorités de faire preuve de modération et de prudence dans l’usage de la force, et aussi de commisération à l’égard des populations. Notre message invite à la réconciliation pour la paix, la tolérance et la concorde dans la démocratie basée sur deux mandats ; l’honneur national guinéen le requiert de tous ses enfants et serviteurs.

Professeur Lansiné Kaba

Carnegie Mellon University in Qatar

Doha, State of Qatar

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