Guinée: arnaques dans les hôpitaux, l’appel du docteur Pierre Koulémou aux médecins (Interview)

Docteur Fasso Pierre Koulémou est un médecin généraliste, produit de l’université guinéenne. Il est gérant de sa propre clinique située dans le quartier Carrière dans la commune de Matam à Conakry. Notre rédaction lui a rencontré pour nous parler de son expérience mais aussi et surtout jeter un regard sur l’exercice du métier de médecin en Guinée. Dans l’entretien qu’il a bien voulu nous accorder il dénonce entre autres le comportement de certains médecins… Lisez !

En quoi consiste le travail de médecin ?

« Le travail de médecin, d’abord c’est un engagement personnel, puisque après le serment d’hypocrate, tout médecin est habilité à être social en vue d’apporter des soins. Mais actuellement, beaucoup de nos collègues voient le côté financier, sinon le médecin d’abord, c’est l’assistance. Il faut apporter tout le soins nécessaire aux patients. »

Pourquoi avoir choisi cette profession ? 

« Je l’ai aimé depuis mon enfance. Je l’ai aimé parce que mon papa est du corps, il m’a initié dès le collège. Après les cours je partais passer la journée auprès de lui à l’hôpital, progressivement, je me suis intégré un peu. Avant que je ne rentre à l’Université, j’avais déjà beaucoup de notions en biologie et au laboratoire, c’est comme ça j’ai eu l’amour pour ce métier. »

Quelle perspective d’avenir pour ce métier, d’après vous 

« Le métier en Guinée est très compliqué, c’est vrai la population moyenne est très pauvre. l’État devrait fournir beaucoup de moyens afin que les hôpitaux soient équipés et avoir de médecin de qualité. Actuellement, il y a beaucoup de médecin mais la formation y manque, créer également d’autres CHU dans les régions, les deux (2) que nous avons dans la capitale ne suffisent pas, envoyer des spécialistes dans les régions pour améliorer la qualité de la prestation. Avec ça, j’espère bien la profession de médecin se porterait mieux en Guinée. »

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez très souvent ? 

« Les difficultés sont énormes. Les premières difficultés sont liées à l’extrême pauvreté de la population. Elle a du mal à s’acquitter du minimum de la prestation. Nous sommes obligés de soulager les malades mais avec des répercussions graves sur le fonctionnement de nos cliniques, mais on est obligé. Tu ne peux pas laisser un enfant en souffrance qui est entrain de s’enfoncer dans son état et tu mets le problème de l’argent devant, c’est trahir sa mission. »

Vous êtes une clinique privée, avez-vous le soutien de l’État  ?

« Nous sommes entrain de fournir beaucoup d’efforts afin que nous participions aux activités de l’État. Pratiquement, je suis entrain d’être impliqué dans les activités communautaires. Je suis le point focal et ça été l’appui de la directrice communale de la santé. Je viens de signer un protocole d’accord avec le stop Palu qui doit me fournir en intrants et en médicaments qui doivent être donnés gratuitement à la population pour une prise en charge du paludisme et les femmes enceintes, des moustiquaires imprégnées dont le Centre doit bientôt être doté. Et aussi le programme de vaccination de la peve, je suis dans le processus d’intégration, donc ce sont ces perspectives que l’État est entrain d’appuyer. »

Avez-vous des conseils à donner aux étudiants qui souhaitent devenir médecin ? 

« Les conseils ne vont jamais finir. C’est ce qui a été prodigué à notre endroit, donc à notre tour, nous serons toujours là pour eux. Être un médecin, ce n’est pas facile. A la faculté, on était les premiers à se lever et les derniers à se coucher. Il faut avoir le courage et travailler dur et surtout faire la pratique. Faut toujours être dans les hôpitaux. »

Quelles sont les maladies que vous soignez ? 

« Le taux de maladies qui est très élevé, c’est le paludisme puisque la Guinée est un pays tropical. La zone endémique, le taux d’élévation qui est la première cause de décès chez les enfants est le paludisme. C’est la pathologie la plus traitée ici. C’est un véritable problème de santé en Guinée. »

Madiba Kaba / madibak@guineerealite.info

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here