Conakry : les conducteurs de taxis motos dénoncent les rackets de la police…

Faire le taxi-moto à Conakry est devenu l’activité principale des jeunes diplômés sans emploi et autres couches de la société. Malgré les risques que comportent le métier de taxi-moto, des jeunes le trouvent juteux. Ces derniers estiment que ce métier leur permet de subvenir à certains de leurs besoins et aussi ceux de la famille.

De l’aéroport international Gbéssia au centre-ville à Kaloum via le grand marché de Madina, ils sont nombreux dans la capitale guinéenne, des jeunes qui s’adonnent à cette activité génératrice de revenus. Notre reporter a fait le tour de ces différents quartiers à la rencontre de conducteurs, mécontents et qui ont largement dénoncé les difficultés auxquelles ils sont confrontés dans la circulation.

Sylla Ousmane est élève et profite des vacances pour exercer ce métier en vue de s’offrir entre autres, des fournitures scolaires : « Je fais ce métier pour ne pas rester à la maison à boire du thé, parler de Ronaldo ou de Messi. En plus, à travers ce que je gagne, j’arrive à donner quelques choses à la famille et payer mes fournitures scolaires voire même des habits », nous a-t-il confiés avant de dénoncer des agents de la police routière : « Les policiers nous fatiguent tellement. Même si tu as tous les papiers, quand un policier t’arrête tu vas payer 110.000 GNF. Pour conduire, il faut avoir beaucoup de courage surtout avec les chauffeurs des voitures, c’est des problèmes. C’est toi qui les évitent », a regretté le jeune Ousmane Sylla, assis sur sa moto dans l’attente de clients.

Ibrahima Barry un autre motard, lui, est étudiant en licence 2 : « Nous gagnons beaucoup d’argent mais notre grand souci c’est la police qui ne nous laisse pas travailler. Tu peux travailler toute une journée et les policiers te retirent tout ton argent pour des choses qu’ils inventent eux-mêmes. Même avec les papiers au complet, ils s’en fichent carrément. Tous ce qui leur intéresse, c’est l’argent », nous a-t-il laissés entendre.

À quelques pas de-là, nous avons rencontré Fatoumata Camara venue emprunter une moto pour se rendre à son service et, se confie : « L’État doit penser à réglementer ce secteur au lieu de mettre des policiers affamés dans la rue pour arnaquer ces pauvres gens. Beaucoup sont diplômés mais en Guinée on peut parler de tout sauf l’emploi. Avec la moto il n’y a pas d’embouteillage et tu arrives vite à destination. Tout ce que je demande aux conducteurs de taxis motos, c’est de porter les casques et de rouler à une vitesse acceptable », a-t-elle déclaré.

Il faut dire que cette activité occupe la plupart des jeunes surtout en cette période des vacances, mais elle n’est pas sans conséquence. Diallo Modibo décrit les risques auxquels ils font face : « Malgré la rentabilité de cette activité, les difficultés sont énormes. Avec la police c’est des problèmes, parfois nous sommes victimes d’attaques des bandits qui nous prennent tout notre argent, et dès fois même tu y perds ta vie. Donc je demande au gouvernement de nous venir au secours », a-t-il plaidé.

Au sortir de ce reportage, nous avons essayé en vain de faire réagir des agents de la police sur les accusations portées contre eux par des conducteurs de taxis motos.

Madiba kaba / madiba.kaba@guineerealite.com