Le Maire de kanfarandé sur le système éducatif de sa sous-préfecture: « L’éducation est pourrie à Kanfarandé » (Interview)

Kanfarandé Nalotaye est une sous-préfecture qui relève de la préfecture de Boké. Elle est composée de 45 132 habitants. Kanfarandé Nalotaye est une ville cosmopolite, située à près de 500 km de Conakry. Notre reporter est allé à la rencontre du maire de Kanfarandé. Dans un entretien exclusif, Abdoulaye kaba a évoqué entre autres les difficultés auxquelles sa sous-préfecture est confrontée. Monsieur Kaba a également profité pour parler des actions réalisées depuis son élection à la mairie de Kanfarandé. 

Lisez plutôt  l’entretien !

Après votre élection, dans quel état avez-vous trouvé la commune ? 

« Après l’installation de mon équipe, j’ai trouvé une commune en souffrance. En 2018, la commune ne fonctionnait presque pas. il y avait les secrétaires généraux qui avaient pris le relais. L’argent que les bailleurs de fonds nous donnent qu’on appelle les taxes superficielles, c’est avec ça j’ai commencé quelques travaux dans la sous-préfecture. »

Est-ce qu’on peut avoir une idée du montant de l’aide apportée dont vous parliez, précédemment ? 

« A mon arrivée, j’ai trouvé 195.000 000 GNF dans le compte bancaire de la commune. A cela s’ajoute, l’ANAFIC (Agence nationale de financement des collectivités) nous a demandé de monter des micro projets pour l’année 2019. Nous avons donc choisi la construction de deux blocs de 4 classes chacune à l’école primaire et la construction des infrastructures administratives. Les deux micros projets plus la reconstruction d’un petit pont qu’on appelle ici (Dalo) long de 7m 50, se trouvant sur la route de Boké a été également lancé à kanfarandé. »

Les populations de kanfarandé sont longtemps restées orphelines de la transversale, kanfarandé – wawayiré – Boké, obligeant les populations de passer par la mer. Quel est l’état actuel de cette route ?  

« Quand je venais à la tête de la commune, la route était impraticable, il n’y avait pas d’accès à kanfarandé. Dès que j’ai pris les commandes de la commune, je me suis personnellement investi à ce que cette route soit praticable le plus vite que possible. C’est une route qui est longue de 45 km. Après plusieurs négociations avec les sociétés minières qui nous entourent, elles ont finalement accepté de faire la route Boké – kaboye. Le reste de la route qui va de kaboye à kanfarandé dont le fameux pont de wawayiré. Ce pont avait eu beaucoup de financement par le passé mais n’a jamais été réalisé. Je puis vous dire avec satisfaction que ce pont long de 17 m est praticable aujourd’hui. »

Donc ce pont de wawayiré était le véritable problème de votre sous-préfecture ?  

« Bien sûr que oui, c’était un des problèmes majeurs pour la sous-préfecture. Même les missionnaires qui quittent Conakry ne viennent pas ici, quand tu leur dis de venir. On te dit non, votre route est mauvaise. »

Est-ce que le mauvais état de cette route impactait les activités économiques ?

« Toutes les ressources maritime et aloétique qui quittent les îles Tristao, île de katrack et katcheque sont dirigées vers kamsar à cause de la route. C’est une énorme perte pour la sous-préfecture. Même pour payer un sac de riz, il faudra passer par la mer. Là-bas aussi, on a des difficultés à trouver un passage, la société SMB a occupé le Rio-Nunez. »

Quel est l’état actuel du niveau de l’éducation dans votre commune ? 

« L’éducation à kanfarandé souffre énormément je dirai même c’est pourri. Parce que les enseignants refusent de venir surtout au collège, c’est ça le gros problème. J’ai posé le diagnostic et j’ai alerté les autorités compétentes mais pour l’instant aucune réponse. Au niveau de l’école primaire, ça va, il y a plusieurs écoles primaires dans les districts qui fonctionnent. Cette année, nous avons reçu 282 candidats à l’examen d’entrée en 7eme année dont 125 admis. Le résultat à ce niveau est satisfaisant mais au BEPC c’est nul. »

Quel message avez-vous à l’endroit des populations surtout aux ressortissants de kanfarande ? 

« Je demande aux ressortissants de continuer à nous accompagner, il ne faut pas qu’ils se fatiguent. Je tends la main à toute les personnes ressources, car kanfarandé ne peut pas se développer sans eux. À l’État de nous venir en aide afin de relancer les activités socio-économiques dans cette sous-préfecture composée de 15 districts ».

Entretien réalisé par Madiba kaba / madiba.kaba@guineerealite.com

 

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