Conakry: docteur Faya Millimouno sur les conditions de sa détention en prison « Le régisseur de la maison centrale était un peu embarrassé… »

Après une semaine de détention à la prison civile de Conakry, le leader du parti Bloc Libéral (BL) a bénéficié hier vendredi, d’une liberté provisoire. Quelques heures seulement après sa libération, docteur Faya Millimouno est largement revenu sur les circonstances de son interpellation et les conditions de son séjour à la prison civile de Conakry.

Le patron du BL répondait aux questions de notre confrère Jacques Roger en direct des États-Unis d’Amérique : « C’est le mercredi dernier, j’ai reçu un appel, en début d’après-midi, d’un huissier de justice, qui me demandait où je me trouvais pour me déposer une notification de plainte formulée contre moi à la DPJ (Direction Centrale de la Police Judiciaire). Et donc, j’étais au nouveau siège du BL, je lui ai indiqué et puis quelques 45 minutes après il est arrivé avec la notification. J’ai émargé, il est reparti. J’ai appelé mon avocat qui m’a demandé de se rencontrer le lendemain jeudi à Kaloum à l’heure indiquée sur la convocation.

Ce jour là, j’ai été entendu par la police judiciaire. Aussitôt terminé, j’ai été embarqué pour le tribunal de première instance de Kaloum où nous n’avons pas trouvé sur place, et le procureur et le juge d’instruction. Alors, il a fallu beaucoup d’appels téléphoniques pour finalement nous dire, bon, vous pouvez rester avec vos avocats mais présentez-vous le vendredi à 10 heures. Je devais donc me présenter au cabinet du doyen des juges d’instruction, prévu pour 10 heures. Je suis arrivé avant l’heure prévue.

J’ai signalé ma présence. A 09 heures 50 environ, le juge d’instruction a demandé que je rentre. Je suis rentré. Il m’a dit bon, comme tes avocats ne sont pas là, nous devons commencer. Je lui ai dit, Monsieur le juge, je crois que j’ai des avocats, on a dit 10 heures, on devait attendre, encore quelques minutes pour qu’ils soient présents avant de me poser des questions.

Mais j’ai vu que bon, y’avait maintenant assez de nervosité en l’air. Il m’a dit non, c’est juste prendre ton identité, on n’a pas besoin d’avoir un avocat. Je lui ai dit quelque soit ce qui doit être fait, il faut que mon avocat soit présent. Il a dit, on va te lire ton identité, tu n’as simplement qu’à approuver. Alors, ils ont fait la lecture. J’ai dit oui c’est ça, c’est exact. Alors dès que cela est terminé, il m’a notifié qu’il a signé une ordonnance de dépôt. Autrement dit que je devais être incarcéré. C’est au moment où il était entrain de m’annoncer cela qu’un de mes avocats est rentré.

L’avocat a objecté, il a dit mais nous pensons que cette procédure là, est une procédure en diffamation par voix de presse. Au regard de la loi guinéenne, ce n’est pas le code pénal qui devait s’appliquer mais la loi L 002 portant sur la liberté de la presse qui devait être appliquée, qui comporte des dispositions relatives à des cas de diffamation. Et en vertu de cette loi, il n’y a pas de peine de prison, c’est une amende. Il n’a même pas attendu que l’avocat finisse de s’expliquer, il a appelé les gardes qui m’ont conduit à travers un taxi, les taxis de Conakry que tout le monde connait, à la maison centrale.

Alors je suis arrivé là-bas autour de 11 heures. J’ai été reçu par le régisseur. Ce jour là, j’ai pratiquement passé  la journée avec le régisseur qui était très accueillant, très courtois à mon égard avec tout son personnel. Il était un peu embarrassé, il voulait savoir à quel endroit il pouvait me loger pour ne pas que je souffre. Finalement, il s’est décidé de me loger dans l’enceinte de l’église de la prison. Et il a demandé à un des détenus qui est lui, militaire de formation, un commandant, de passer la nuit avec moi dans cette église. Donc le temps que j’y ai fait, j’étais seulement avec ce commandant là au sein de l’église. Voilà les circonstances dans lesquelles j’ai été mis en détention », a expliqué docteur Faya Millimouno.

La Rédaction / redaction@guineerealite.com

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