dimanche, octobre 24

Mort de l’artiste Mohamed Boule Diallo : « Aucun cadre du ministère de la culture n’a assisté aux obsèques », dénonce Alpha Traoré alias Gims

Décédé mardi 30 juillet 2019 à Conakry des suites de maladie, l’artiste Mohamed Boule Diallo a regagné sa dernière demeure mercredi 31 juillet courant. La mort de cet autre serviteur de la culture guinéenne relance le débat sur les conditions de vie de nos artistes qui, de leur vivant ne bénéficie pratiquement rien de la part des autorités compétentes, pis, à leur mort, ils sont également laissés-pour-compte alors que ces artistes ont tout donné à la Guinée.

Une situation qui provoque la colère du tout premier manager du défunt Mohamed Boule Diallo. Alpha Traoré alias Gims, comme c’est de lui, qu’il s’agit, a dénoncé l’attitude des autorités qui, selon lui, n’ont aucune considération pour les artistes Guinéens : « Les gloires de la musique guinéenne mérite d’être traitées mieux pour les services rendus à la nation. Certes, l’artiste est peu connu du grand public, mais les connaisseurs de la musique guinéenne ont consommé les œuvres de l’homme. A sa mort, j’ai été informé grâce au petit communiqué du département de la culture. Aussitôt, je suis passé à la morgue mais je n’ai vu aucune autorité. Au cimetière également, je n’ai vu que ses parents et ses amis de premières heures », a-t-il déploré.

Alpha Traoré Gims a profité pour rappeler le genre musical joué par le défunt, un genre qui, malheureusement est peu consommé en Guinée: « L’artiste était l’adepte de la contre-musique qui est beaucoup consommée aux États-Unis mais ce genre musical est d’origine Africaine, régulièrement pratiqué par les bergers et les cowboys, d’où la méconnaissance de Mohamed Boule Diallo du grand public mélomane Guinéen. Donc ce n’est pas un fait du hasard », a expliqué Alpha Traoré Gims.

Pour cet opérateur culturel, l’artiste devait bénéficier des honneurs dus à son rang de musicien aguerri : « Au moins, il y a les honneurs à titre posthume qu’on devrait lui accorder », a-t-il regretté avant de conclure : « Ils sont nombreux, des hommes de culture, des sports qui meurent à petit feu alors qu’ils ont tout donné à la Guinée. Jusqu’ici, aucun fonds d’aide pour venir en aide à ces soldats ».

Entretien réalisé par Madiba Kaba / madiba.kaba@guineerealite.com

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