Conakry: « les chefs de quartiers sont des auxiliaires précieux de la fraude électorale » dixit Cellou Dalein Diallo

Plusieurs mois après l’installation des conseillers communaux, celle des conseillers régionaux peine toujours à voir le jour, contrairement aux dispositions du code électoral. Une situation qui suscite la colère du chef de file de l’opposition guinéenne.

Cellou Dalein Diallo l’a fait savoir hier jeudi 25 avril courant lors de la réunion d’urgence des membres de l’opposition républicaine autour des sujets d’actualité. Evoquant notamment le déroulement des élections locales, le principal opposant au régime d’Alpha Condé a dénoncé entre autres l’attitude de la mouvance qui, selon lui, serait à la base de nombreux dysfonctionnements dans le processus électoral: « Ce qui me préoccupe, c’est aujourd’hui le refus des autorités d’achever ces élections locales. Dans le code électoral il est stipulé que 15 jours après la mise en place du conseil communal, on procède à la mise en place du conseil de quartier à la désignation du chef de quartier. Les conditions dans lesquelles le conseil de quartier doit être installé sont précisées par la loi. C’est une proportionnelle. Toutes les listes qui ont compéti dans un district ou quartier, on connait des résultats. Sur cette base on compose un conseil de quartier à la proportionnelle pour refléter toutes les sensibilités qui existent dans le district ou dans le quartier. L’autre point c’est la désignation du chef de quartier. On dit la liste arrivée en tête propose au maire le chef de quartier ou de district et le maire prend un acte pour le designer. Alors, qu’est-ce qu’il se passe ? M. Alpha Condé décide de ne pas appliquer la loi, comme il en a l’habitude. On a installé les conseillers communaux dans les conditions que vous connaissez, sur lesquelles je ne reviens pas. Mais ils disent non. Mais pourquoi ? Parce que simplement aujourd’hui si vous prenez Conakry, tous les chefs de quartiers sont nommés par le gouverneur et ils ont été sélectionnés sur la base d’un seul critère: leurs ailles en faveur du RPG dans l’organisation de la fraude lors des élections nationales. Alors le statu quo les arrange. Ont dit aux nouveaux maires, vous allez travailler avec les chefs de quartiers ou les chefs de districts que vous avez trouvés sur place. Or ceux-ci sont des axillaires précieux de la fraude électorale. Et comme ils ont beaucoup d’échéances y compris semble-t-il le referendum qui n’aura pas lieu, grâce à Dieu. Ils vont dire qu’on va compter sur ces gens là pour gagner les élections législatives et pour obtenir une majorité à l’occasion du referendum auquel ils rêvent. Voilà la république d’Alpha Condé. La loi est votée à l’unanimité à l’assemblée nationale pour déterminer les conditions dans lesquelles on met les quartiers et les conseillers. Ils disent non, ça n’arrange pas le RPG, donc on le fait pas. Mais en plus, le code des collectivités, le code électoral dit que 60 jours après l’installation des conseillers de communaux, on installe les conseillers régionaux. Là aussi, comme ils sont pas sûrs de gagner beaucoup de régions, ils décident de ne pas mettre en place. Mais personne ne s’étonne. C’est limpide comme de l’eau de roche. Comment voulez-vous qu’il y ait l’entente, la paix, la cohésion, lorsque la loi n’est respectée que si elle ne cause pas de préjudice au parti présidentiel. Mais c’est le cas. Les accords ne sont respectés que s’ils n’ont pas d’incidences sur les intérêts de la mouvance. Voilà le pays. Alors là aussi, l’opposition républicaine exige et exigera par tous les moyens le respect des dispositions de la loi, l’installation des quartiers et des conseillers régionaux« , a laissé entendre le chef de file de l’opposition guinéenne.

La Rédaction du groupe Sud Média Guinée

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