dimanche, octobre 24

Pénurie d’eaux et d’électricité: encore la jeunesse de Boké se fait entendre en s’opposant cette fois à tout projet de 3ème mandat pour Alpha Condé

Qualifiée comme le poumon de l’économie guinéenne, la zone industrielle de Boké quoi qu’érigée  zone économique spéciale, est parmi les villes les plus oubliées sinon la première en dépit de l’importante exploitation minière. Nonobstant ses richesses naturelles, Boké manque de l’essentiel: problème de desserte en électricité, d’adduction d’eau potable et, à plus forte raison d’infrastructures digne de nom. Décidément, l’installation d’une dizaine de sociétés minières dans la préfecture de Boké n’a rien apporté aux kakandékas qui continuent de tirer le diable par la queue. Par ricochet, ils n’arrivent pas à vivre dignement de leurs richesses, illégalement dilapidées par un groupe d’individus. Il suffit de faire un tour dans la ville pour se rendre compte de la triste réalité.

Depuis toujours, les gouvernements qui se sont succédés à la tête du pays ont toujours tenu des discours de promesses aux populations de kakandé qui exigent la réalisation de toutes ces promesses. Désormais les Bokékas veulent du concret. D’où la révolte de sa jeunesse dans la nuit de dimanche 21 à ce lundi 22 avril 2019. En tout cas, jusqu’au moment où nous écrivions ces lignes, (01 heure 26 minutes, heure locale), des routes et autres passages de la ville étaient encore barricadés à l’aide des vieux pneus, des bois et des cailloux qui jonchaient la chaussée, histoire d’exprimer leur mécontentement au gouvernement du prof Alpha Condé qui, selon un des manifestants qui a requis l’anonymat, « A déjà montré ses limites. Boké ne soutiendra jamais un projet de 3ème mandat pour Monsieur Alpha Condé. Ceux qui s’agitent se trompent. Regardez une ville comme Boké, on a pas d’eaux ni électricité et on nous impose une autre souffrance. N’importe quoi. Mais on attend les propagandistes de ce 3ème mandat », a-t-il déclaré.

En clair, Boké mérite mieux que l’image qu’elle présente de nos jours avec la présence de toutes ces sociétés minières, la CBG et consort. Pire, ses populations sont exposées à toutes sortes de maladies liées au mode opératoire de la bauxite qui dégage énormément de la poussière qui n’est pas sans conséquences, surtout en cette saison sèche, sans compter la pollution de l’environnement. Une situation qui, sans nul doute va se répercuter sur le secteur agricole, étant la principale activité des kakandékas.

Selon nos informations, les exploitants (Sociétés minières) ont toujours versé des fonds d’indemnisation aux riverains via l’Etat guinéen dont le montant s’élève à plusieurs milliards de nos francs. Il reste à savoir si les bénéficiaires légitimes ont accès à tout ces fonds ? En attendant d’y voir clair dans cette affaire, il faut souligner que certains cadres ressortissants de Boké sont accusés de complicité avec certains membres du gouvernement. Et cette complicité ne date pas d’aujourd’hui. C’est tout un système.

Nous y reviendrons !

Thierno Oumar Diawara, journaliste PDG groupe Sud Média Guinée

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