Guinée: des marches dites de la « colère » suffisent-elles pour mettre fin aux intimidations et autres formes de violences faites aux journalistes ?

Depuis plusieurs années maintenant les journalistes de la presse indépendante sont confrontés à d’énormes difficultés dans l’exercice de leur noble métier. Le phénomène a pris de l’ampleur ces deux dernières années: Intimidations, violences, musellement, etc…, les mots ne suffisent pas pour décrire exactement le calvaire des porte-paroles des sans voix, à tel point que certains responsables du pouvoir, affidés du régime, ne ménagent aucun effort pour condamner au silence de journalistes qu’ils estiment insoumis.

Parmi ces thuriféraires, figurent en bonne place, les promoteurs d’un troisième mandat pour le président Alpha Condé. Pour être dans leur grâce, il faut être une caisse de résonance. Autrement dit, accompagner le fameux projet qui divise aujourd’hui la population guinéenne. Cependant, la majorité des guinéens épris de paix et de la bonne gouvernance, s’oppose farouchement à toute révision de la constitution permettant à l’actuel président de se maintenir au pouvoir au-delà de ses deux mandats qui arrivent à expiration en décembre 2020.

Au regard de tous ces maux dont souffrent les hommes de médias en Guinée, les marches de protestation sont insuffisantes pour faire arrêter cette machine déjà en marche pour nous faire taire. En ce moment même, un de nos confrères, Lansana Camara dont le seul tort est d’avoir mis à la place publique des éléments d’information non démentis d’ailleurs jusqu’ici, séjourne à la maison centrale de Conakry. Dans un État normal, l’information devrait donner lieu à une enquête sérieuse et ce n’est qu’à partir de là, l’appréciation sur la diffamation aurait eu du sens. Hélas, le ministre des Affaires Étrangères a préféré faire autrement, en usant de l’argument de la force.

Hormis ces protestations, il est impératif que l’ensemble des hommes de médias, dans la cohésion, déclenche d’autres actions plus coriaces pour démontrer notre unité à ce régime qui essaie de remettre en cause des acquis de grande importance dans l’exercice de ce métier. On doit refuser de se faire distraire par des intérêts égoïstes que certains d’entre nous bénéficient de la part des gros bonnets du système.

Il est clair que beaucoup de journalistes ont des mécènes poursuivant des intérêts contraire à ceux du métier. Cette corruption à grande échelle doit cesser immédiatement pour notre intérêt commun. Ceci dit que la poursuite de ces intérêts ne doit, en rien entamer la volonté du journaliste professionnel d’exercer son métier en toute objectivité. Les temps ont changé. L’animosité contre nous, doit également cesser et maintenant. Et c’est à nous de le faire.

Thierno Oumar Diawara, journaliste, PDG du groupe Sud Média Guinée

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