Rébellion contre la Guinée: les aveux d’Aboubacar Sidiky Diaby font planer le doute

Tôt ou tard, les aveugles verront clairs, tel enseigne un dicton africain. Autrement dit, quelqu’en soit la durée de la nuit, le soleil se lèvera. Qui pouvait imaginer, un instant, qu’un jour, les guinéens sauront la vérité sur les multiples coups d’Etat ratés contre le défunt régime du général Lansana Conté ? A tel point que, nombreux, étaient les citoyens guinéens qui, jusque là, qualifiaient ces coups d’Etat d’un simple montage de la part de l’homme du 03 avril 1984.

Après les aveux foudroyants d’Aboubacar Sidiky Diaby, cet ancien officier de l’armée guinéenne, on est en mesure de confirmer l’effectivité de ces coups d’Etat, et ces aveux laissent planer le doute sur l’implication présumée du prof Alpha Condé, alors opposant et vivant en exil en France. Ambitionnant d’accéder au pouvoir, il se radicalisera à la fin des années 90 face à la confiscation répétée des suffrages exprimés et l’état de droit dégradant à ses yeux, en témoigne son intervention après sa libération. Rappelons qu’il dissuada même les militaires dissidents qui ne croyaient qu’à l’organisation d’un putsch pour évincer le militaire aux commandes.

Devant les militants et sympathisants du RPG, massivement mobilisés au siège du parti au quartier Gbéssia dans la commune de Matoto, le militaire lance « Le 4 juillet 1985, lorsqu’il y a eu le coup d’État de Diarra Traoré, j’ai quitté Conakry à pieds, j’ai marché jusqu’à Kankan. De Kankan, je me suis rendu à Bamako en République du Mali. C’est moi qui étais le chef des rebelles qui devaient venir attaquer la Guinée pour enlever Lansana Conté à la tête du pays. Des chefs d’Etat de la sous région nous ont apporté leur soutien. Parce que tous les amis du défunt président Ahmed Sékou Touré, paix à son âme, n’étaient pas contents que l’armée ait pris le pouvoir en Guinée. Donc, ils nous ont soutenus pour venir renverser le Général Lansana Conté », a déclaré Aboubacar Sidiky Diaby, cet homme qu’une délégation de l’opposant Alpha Condé avait rencontré au Mali en 1985. Ce militaire résolu au renversement du pouvoir Conté soutient tout de même que leur mouvement renoncera au coup de force avec l’intervention de celui-ci. Commença ainsi une aventure, un compagnonnage avec des hauts et des bas.

Aboubacar Sidiky Diaby qui rejoindrait la France en 1987, devint un proche de l’actuel président. L’opinion doute et s’interroge sur les dessous réels de la rébellion contre notre pays en 2000, à la veille de laquelle le candidat Alpha Condé fut arrêté à la faveur de la présidentielle de 1998. Les révélations faites par Diaby, se réclamant chef rebelle prêt à renverser Conté après le « coup Diarra Traoré » en 85, inspirent à faire un rapprochement avec l’agression rebelle de septembre 2000, qui semble n’avoir encore livré tous ses secrets. Le temps jouera en faveur de la vérité.

De révélations même marquées par une adhésion au parti au pouvoir, semblent irritantes. Certains communicants de la mouvance présidentielle ne les ont pas aimées et de surcroit le lieu choisi pour le faire, ne leur semble pas approprié. Curieusement, Aboubacar Sidiky Diaby, cet ancien chef rebelle, a été chaleureusement applaudi par le bureau politique national et ses militants.

Décidément, l’agression rebelle qui a vu la condamnation de l’actuel président de la République hante encore les esprits. Manifestement, le silence du Chef de l’État pèse et aujourd’hui, cela reste réel dans ses ambitions…

Pour la Rédaction du groupe Sud Média Guinée (TOD)

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