Tos Camara élu Maire de Matoto: entre pression politique et manipulation

L’élection de Tos Camara à la tête de la Mairie de Matoto suscite des interrogations quant à l’avenir du processus démocratique en Guinée.

Après l’élection  contestée de son concurrent, Kalémodou Yansané, le 15 décembre, suite à l’interruption du vote par  un membre de la délégation du RPG-Arc-ciel, qui a déchiré les bulletins de vote sans être inquiété, de nombreux guinéens se demandent à quoi sert le vote dans ce pays.

Pendant que le perturbateur, Balla Moussa Keita dont on dit être sur la liste du parti au pouvoir, reste toujours  introuvable après son acte, le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation prend une décision pour annuler le vote et annoncer sa reprise. Une option que l’UFDG a rejetée  à travers un recours à la Cour Suprême, la plus haute juridiction du pays, qui se dit incompétente de juger cette affaire électorale.

Contre vents et marées, l’élection a été reprise, sans les conseillers de l’UFDG. Et cette fois-ci, c’est le secrétaire général de la Mairie de Matoto qui a convoqué la reprise de l’élection.

Kalémodou Yansané explique pourquoi son parti a opté pour  la politique de la chaise vide : « Nous n’avons pas été au vote parce que nous avons demandé au ministre de nous écrire sur l’objet de la réunion d’aujourd’hui. En réponse, il a dit que l’objet de la réunion d’aujourd’hui est l’élection du maire de Matoto. Nous, nous avons dit que le maire de Matoto a été élu devant toute la presse, 23 voix sur 45. A partir de là, je ne peux pas mettre mon titre en jeu.

La deuxième chose, la loi prévoit que le corps électoral soit convoqué par un arrêté signé du ministre. On a reçu une note signée par le secrétaire général. Les lois ne sont pas faites pour s’amuser avec, ce n’est pas un mouchoir avec lequel on s’essuie. Les lois sont faites pour être respectées par tous. Vous (la presse) avez constaté que toute la presse qui a témoigné le 15 décembre 2018 de mon élection, aucune d’entre vous n’a été autorisée à accéder à la salle aujourd’hui. A partir de là, ce n’est plus transparent, qu’est-ce qu’on cache. Qu’est-ce qui s’est passé? », s’est-il interrogé. Avant de décrire dans quelles  conditions cette élection du 07 février s’est déroulée :

Ce jour-là, explique Kalémodou Yansané, « Les 14 élus de l’Ufdg ne sont pas venus, celui du Pedn n’y était pas. Celui du Rpr est à Kamsar, il y a un conseiller qui est décédé, le deuxième du Pup n’est pas venu. Il y a d’autres partis dont je ne vais citer les noms qui n’ont pas été conviés. Il y a d’autres dans les rangs du Rpg qui n’ont pas été conviés.

Dans la salle, il n’y avaient pas 15 personnes physiquement présentes, tout le reste est par procuration. Est-ce c’est cela la démocratie?», s’interroge à nouveau le Maire contesté de l’UFDG.

La justice a-t-elle été instrumentalisée ?

En dehors des décisions de la Cour Suprême et du tribunal de Mafanco, qui a confirmé l’élection de Mamadouba Tos Camara, désavouant ainsi le camp adverse, la présence de l’Agent judiciaire de l’État au tribunal de première instance de Mafanco, a surpris plus d’un guinéen.

Ce qui revient à dire que les autorités judiciaires ont été influencées au cours de ce feuilleton judiciaire, qui ne fait que commencer.

Pour la Rédaction du groupe Sud Média Guinée (Alexis Lamah) 

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