Interview: Alpha Kabinet BARO, leader de la NGPG présente son projet de société et s’exprime sur la gestion du pouvoir

Depuis les Etats-Unis, le président de la Nouvelle Génération pour le Panafricanisme Guinéen (NGPG) a accordé une interview exclusive à votre quotidien en ligne (www.guineerealite.com).Monsieur Alpha Kabine Baro a présenté son projet de société en décrivant les retombées qu’en tireraient ses compatriotes. Et, tout en donnant sa lecture sur la gouvernance actuelle, il propose de pistes de réflexion et, annonce sa candidature à la présidentielle prochaine. Lisez ! 

Avant, on ne vous savait pas un homme politique. Pourquoi ce choix ?

Motivant son engagement, il soutient « Mon choix date de très longtemps, en ayant fait l’examen de la situation socio politique et économique de notre patrie commune, la République de Guinée. Il y a eu toujours des leaders politiques mais qui n’ont pas pu relever le défi. Il n’est de secret pour personne que la Guinée est l’un des pays les plus riches en matière de ressources naturelles mais jusqu’à présent ce pays peine à sortir de l’ornière. Tous les leaders qui se battent pour briguer la magistrature suprême de notre pays ne sont pas crédibles. Donc, conséquemment, je me suis engagé dans la politique pour proposer notre programme dénommé Baro7 qui est basé sur les maux clés dont souffre le peuple de Guinée ».

Qu’est ce qu’on peut retenir de votre programme politique ?

« Notre projet de société destiné au peuple de Guinée s’articule autour de sept (7) points:

1- LA GUINÉE ET LE PANAFRICANISME :

– Une Justice équitable pour toutes et tous en République de Guinée et en Afrique.

2- LA SURVIE DES GUINÉENS :

– La fourniture d’eau et électricité sur toute l’étendue du territoire national de la République de Guinée. 

– La Promotion de l’éducation

 3- L’ALIMENTATION ET LES ENTREPRENEUR(E)S GUINÉEN(NE)(S) :

– L’autosuffisance alimentaire en Guinée et soutenir les PME & PMI de Guinée

 4- LA JEUNESSE GUINÉENNE :

– L’emploi des jeunes est une priorité.

 5- L’AUDIT DE L’ADMINISTRATION GUINÉENNE :

– La publication des résultats des audits pour le peuple guinéen sur tous les anciens ministres, les responsables politiques et de chaque citoyen candidat à la magistrature suprême de la république de Guinée.

 6- LA FEMME GUINÉENNE :

– Le développement et la construction des centres de santé modernes pour répondre aux différents problèmes d’émergence et d’hygiène de la femme guinéenne ainsi que sur la santé du reste des citoyens.

 7- LES FONCTIONNAIRES GUINÉENS :

– L’augmentation des salaires de tous les employés de la fonction publique (civils et militaires) de la République de Guinée ».

Vous serez candidat à l’élection présidentielle de 2020 alors que vous n’êtes pas connu du grand public guinéen. Comment vous allez vous y prendre pour bénéficier de la confiance de l’électorat ?

« C’est une très bonne question. Nous sommes entrain de travailler dans ce sens. Notre méthode est très simple. Vous savez les temps ont changé. La technologie est un outil très efficace pour faire véhiculer les informations. Nous avons vu des leaders politiques qui n’étaient pas bien connu du grand public mais ils sont venus s’imposer au dernier moment. Nous sommes le seul parti politique au monde qui a réussi à faire adhérer des milliers de militants à travers les réseaux sociaux et les faire déployer sur le terrain. Nous sommes représentés aujourd’hui dans les 33 préfectures de la Guinée. Nous avons nos militants sur le terrain. Depuis quatre ans nous tenons des vidéos conférences via messenger et autres moyens de communication. Donc nous sommes connus. Et cela ne suffit pas. Nous avons d’autres méthodes en gestation».

Selon nos informations, le parti NGPG n’a toujours pas eu son agrément lui permettant d’exercer. Est-ce vrai ?

« Effectivement, nous avons notre demande d’agrément au Ministère de l’administration. Mais jusqu’ici nous n’avons pas eu gain de cause. Il semblerait que l’ordre serait venu de la présidence de surseoir à la signature de notre agrément. Je ne sais pas pourquoi mais comme je serais à Conakry courant Mars, je viendrais rencontrer Monsieur le ministre en personne ».

Dans votre agenda, vous avez une rencontre avec le président de la république, le prof Alpha Condé. Peut-on connaitre le motif de cette rencontre ?

« Le motif, je sais que le président Alpha Condé ne s’est pas encore prononcé sur un éventuel mandat mais il y a des velléités quand même. En gros nous allons parler des problèmes socio-économique et politique du pays. Parlant de la procédure d’organisation des  élections, je vais lui proposer des machines très efficaces pour l’organisation des élections. Avec ces machines de vote, les électeurs n’ont pas besoin de se déplacer. Il suffit d’avoir un Smartphone, vous mettez votre emprunte et c’est parti. Au cours de notre entretien, je vais lui demander d’accepter de respecter la constitution. C’est très important. Il doit se mettre au dessus de ça pour laisser la place à la nouvelle génération que nous constituons. En retour, nous allons lui reconnaitre ses 40 ans de lutte politique qu’il a menés ».

Monsieur Baro, êtes vous pour ou contre la modification de la constitution en faveur du président Condé ?

« Non, absolument pas. Cependant, je ne suis pas opposé à la modification de notre constitution. Comme je l’ai toujours dis, nous venons pas pour combattre quelqu’un. La modification de la constitution est nécessaire. Elle doit être adaptée à la volonté du peuple de Guinée. D’ailleurs, même si on modifie la constitution pour lui permettre de se représenter et, si les conditions de transparence sont réunies, le prof Alpha Condé ne pourra pas nous battre. On va le racler (rires…) ».

A vous entendre, vous soutenez une éventuelle candidature du président Alpha Condé ?

« Non, pas du tout. Le référendum pour la révision de la constitution n’est pas synonyme d’un troisième mandat. Ce sont deux choses complètement différentes. Modifier la constitution ou en proposer une nouvelle pour ouvrir la voie à un troisième mandat, là notre formation politique s’y opposerait».

Quels sont vos rapports avec les autres leaders politiques déjà sur le terrain ?

« Présentement, je n’ai pas de rapport avec les autres leaders politiques. Mais quand je serais au pays très bientôt je vais m’entretenir avec tout le monde. Une précision très importante, nous ne sommes pas de la mouvance ni de l’opposition républicaine, nous sommes du Bloc de l’opposition patriotique. Nous sommes de la nouvelle génération de l’opposition ».

Quel regard portez-vous sur l’élection de l’exécutif communal de Matoto ?

« C’est un faux débat ! Bien avant ces élections, j’avais demandé aux militants de la NGPG de ne pas voter. Pourquoi voter quand on sait d’avance que les candidats ne vont pas accepter les résultats sortis des urnes. C’est une des raisons de ma rencontre avec le président Alpha Condé pour qu’on parle du mécanisme du vote. Pour le respect de la sincérité du scrutin, lequel fonde la légitimité, il faudrait tout d’abord régler ce problème avant même de parler de l’organisation des échéances électorales futures -législative et présidentielle. Autrement, il faudra s’attendre comme toujours à une crise post-électorale qui naîtra de la contestation des résultats officiels. À Matoto, il y a eu fraudes, chacun revendique la victoire. Il est difficile dans ces conditions de connaitre le vainqueur. Et, pour paraphraser le scientifique À.Einstein, nous sommes entrain de faire la même chose et espérer d’avoir des résultats différents. ça c’est impossible; lui, dira même que c’est de la folie ».

Selon vous, le vote pour la Mairie de Matoto est à reprendre ?

« Tout est à reprendre. On ne doit même pas organiser d’élections dans ces conditions. On doit d’abord changer le mécanisme de vote ».

Depuis plus de 8 ans le prof Alpha Condé préside aux destinées de la Guinée. Comment vous trouvez son bilan ?

« Je pense que le président Alpha Condé a fait beaucoup de choses qui ont aidé le pays. Il a construit beaucoup d’hôtels que nous n’avions pas. Il a crée aussi le guichet unique qui est une bonne chose pour la gestion des deniers publics. Mais beaucoup reste à faire, il faut le reconnaitre et il ne pourra pas tout faire pendant le petit temps qui lui reste au pouvoir. Il n’est pas indispensable et nul d’ailleurs, la nouvelle génération qui viendra après lui, pourra achever les chantiers qu’il a ouverts. Il faut préserver les acquis et respecter le principe de continuité de l’État… »

Entretien réalisé par Thierno Oumar DIAWARA, journaliste PDG du groupe Sud Média Guinée

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