Crise éducative en Guinée, la preuve d’une hypocrisie collective (Par Kabinet Keita)

Monsieur Kabinet Keita, Président de l'Association Scolaire et Estudiantine de Guinée A-SEG

Maintenant, depuis près d’un trimestre, l’école guinéenne tourbillonne
dans une malheureuse crise imposée insoucieusement par le gouvernement
et le Syndicat Libre des enseignants et chercheurs de Guinée SLECG.
Cette crise, née de l’irresponsabilité scandaleuse du gouvernement et
de l’insouciance du syndicat est aujourd’hui en phase d’éclater comme
une bombe de Kamikaze. Notre « droit à l’éducation » confisqué et bafoué
au vu et au su de tous, sans la moindre action sérieuse de la part de
qui conque. Nous sommes désormais condamnés à être passifs en Guinée,
face aux problèmes réels de notre existence parce que pris dans les
mailles de la démagogie et de la politique politicienne, nous avons
même perdu le sens de la dignité et du patriotisme.
Le patriotisme, c’est simplement « l’amour de sa patrie ou de son
pays ». Qui d’entre-nous peut se targuer à l’heure actuelle d’en
posséder une infirme parcelle?
En effet, l’Association Scolaire et Estudiantine de Guinée  (A-SEG)
dont j’ai la charge de diriger, a depuis longtemps, prôner pour une
reprise effective des cours, un enseignement de qualité et le dialogue
entre les protagonistes de la crise. Malgré nos plaidoiries, nos
déclarations, le gouvernement et le SLECG ont choisi de s’affronter au
grand dam des pauvres élèves et étudiants que nous sommes. Après deux
(2) semaines de l’ouverture officielle des classes, nous avons
organisé des actions de protestation, qui ont été toutes réprimées.
Nous sommes aujourd’hui confinés dans un silence assourdissant,
un malaise profond. Les actions que nous voulons entreprendre de nos
jours sont empêchées par les autorités locales, qui disent obéir à la
hiérarchie. N’ayant pas de soutiens dans l’opinion publique, nous
sommes réduits au silence dans la défense de notre droit légitime,
inaliénable et constitutionnel.
Le gouvernement faisant semblant de nous maintenir dans les classes,
joue incroyablement au pipeau en masquant la terrible réalité de la
paralysie des cours sur toute l’étendue du territoire national. Un
gouvernement qui échoue dans l’éducation de la jeunesse ne mérite pas
à mon sens d’exister, s’il continue à exister, c’est pour mettre le
pays en retard parce qu’il est loin du peuple.
Le SLECG quant à lui, grandit dans un excès de zèle et un populisme
insupportable, vent l’illusion d’une manne insignifiante de huit (8)
millions. Ainsi, notre avenir est monnayé contre cette revendication
pécuniaire pendant que les mêmes « enseignants grévistes » continuent à
enseigner dans les écoles privées où, ils ne gagnent pas le tiers des
fameuses huit (8) millions. Quel paradoxe? Quel est le sens de la
grève donc? De l’autre côté, les institutions républicaines prises
dans un mutisme révoltant, restent indifférents et brillent par leur
incapacité à jouer le rôle de la médiation et de bons offices pour
éteindre la flamme de ce débrayage scolaire. La classe politique quant
à elle, ne réserve pas de surprise car préoccupée par ses
revendications électoralistes n’éprouve aucun intérêt à lever le petit
doigt en faveur des élèves guinéens.  Sur ce point, je me fait le
devoir de féliciter avec déférence, le leader du Bloc Libéral, qui a
greffé à ses revendications, un pan dédié à cette cause noble de
l’école guinéenne.
Les acteurs de la société civile de leur part, sont la honte,
l’incarnation de l’hypocrisie, de la complaisance et l’espoir déçu du
peuple. Chauds et prompts à bondir inlassablement sur des questions
politiques, ils vendent leurs images impropres par la démagogie et les
déclarations fantaisistes quand il s’agit d’une égratignure politique.
Quand je pense à la réaction spontanée et partisane qu’à été celle de
la société civile au sujet des crises à la cour constitutionnelle et
la CENI, je tombe vraiment des nuits. J’inclus dans cet ensemble,
l’Association des parents d’élèves dont l’inexistence est égale à son
existence. Pourquoi jouent-ils au muet? Sont-ils vraiment préoccupés
par cette crise? Ils ont manquer de façon honteuse, l’occasion de
jouer leur rôle dans cette crise. Vivement une réforme profonde de la
société civile guinéenne, nous avons besoins des hommes qui nous
défendent et non ceux qui se servent de nous pour leurs intérêts
égoïstes. Maintenant, nous tendons vers une année blanche, je
considère pour ma part que nous ne méritons pas le sort que nous
subissons depuis maintenant trois (3) Mois. Les larmes aux yeux, le
cœur meurtri, je dis désespérément que notre avenir est cloué à un
retard qui impactera notre pays sur presque 50 ans encore, ce qui
n’est pas une description hyperbolique, mais celle d’un constat qui
impose l’objectivité.
Désormais, les patriotes se comptent du bout du doigt en Guinée, nous
sommes tous responsables de cette crise scolaire. Pendant que les
autres pays avancent à travers la qualité de leurs écoles, nous, nous
trainons clopin-clopant, sans repère, ni guide.
J’appelle à un sursaut patriotique, une prise de conscience
collective, qui s’oppose à la démagogie, l’hypocrisie, la
complaisance. Il faut que par dessus, flotte le fanion du patriotisme.
L’amour de la Guinée, c’est renoncer à son bonheur, souffrir pour
l’intérêt collectif, c’est aussi des sacrifices que chacun pourra
donner de son sang pour sauver l’école guinéenne.
Pour finir, je pleure pour l’enfant du pauvre paysan, qui est inscrit
dans une école publique de Gaoual, de Faranah, de Kassa, de Mandiana
qui voit son droit à l’éducation confisqué. « Tant vaut l’éducation
tant vaut la nation », dit-on. Que Dieu sauve l’école guinéenne car
l’année de plein exercice académique  sera égale à une année blanche
par ce que rien à été enseigné depuis trois mois. L’histoire retiendra
tout sur son disque dur ineffaçable. L’avenir en dira mieux.

Que Dieu bénisse la Guinée, notre Guinée !

Kabinet  Keita, Président de l’Association Scolaire et Estudiantine de Guinée A-SEG

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