Poutine, Condé et le 3è mandat : ce que vous ne saviez pas

Les présidents Alpha Condé et Vladmir Poutine

Vladimir Poutine, Alpha Condé et le 3è mandat. On en sait un peu plus sur ce jeu malsain fait de compromissions et de deals en cours mais qui pourraient être mal ficelés et donc préjudiciables. Les enjeux du fameux 3è mandat sont tout de même énormes. Au même titre que la technologie russe dans les infiltrations des systèmes électoraux.

D’entrée, un petit rappel. En voulant en effet accompagner Alpha Condé dans sa folle hantise de 3è mandat, Moscou entend marquer son retour progressif sur le continent noir, notamment en Guinée où l’URSS était présente depuis les années 50. La formation des centaines de jeunes cadres dans le bloc soviétique en est une parfaite illustration. Depuis l’effondrement de ce bloc en 1991, plus rien ne sera comme avant. Moscou sera absente de l’Afrique. Pendant ce temps, la France, les USA et les autres se font la part belle. Un troisième larron appelé Empire du Milieu (Chine) viendra déstabiliser l’ordre établi.

Moscou veut revenir. Le ton avait été déjà donné, il y a quelques mois, à travers le Vice-ministre des Affaires étrangères, représentant spécial de Poutine au Moyen Orient. Mikhaïl Bogdanov a commencé par les pays instables : Somalie, Libye et Centrafrique. Là-bas, des négociations sont en cours. Moscou mise sur les Mines et les armes pour (re)conquérir la Guinée. « Nous sommes prêts à travailler avec tous les gouvernements quels que soient leur idéologies et leur système politique. A l’inverse des USA, nous n’imposons pas nos règles à nos partenaires », a récemment lancé Bogdanov, dans JA, N°3015 du 27 octobre 2018. Cette position de Moscou consiste comme on le voit, à dépoussiérer, à remettre en selle ou à maintenir des régimes aux abois, bourreaux de la démocratie. La politique russe est simple : pêcher en eau trouble. Au moment où la Chine a envahi l’Afrique et elle s’est taillée la part du lion.

En Guinée, le chemin semble être balisé. D’abord, l’ambassadeur russe avait soutenu le régime de Conakry en jetant l’opprobre sur l’opposition qui n’exigeait que le respect des règles démocratiques. L’immixtion apparente a fait grand bruit. Avant de s’étioler. Aujourd’hui, c’est Poutine lui-même qui s’exprime en faveur d’une modification constitutionnelle, pour certainement mieux piller les ressources minières et davantage armer la Guinée. Mais contre qui ? C’est toute la question.

En attendant, le diplomate russe basé à Conakry fait son jeu malsain, au même titre que son bienfaiteur Poutine : « J’ai été vraiment étonné quand j’ai appris l’information. Je n’ai jamais entendu parler que son excellence monsieur le président (Alpha Condé, ndlr) a évoqué ce problème. Il n’a jamais déclaré quelque part qu’il va passer au troisième mandat. Je ne l’ai jamais entendu. A mon avis, nous ne pouvons pas soutenir ce qui n’a pas été dit. Mais d’autre part, nous soutenons tous les présidents qui sont démocratiquement élus, ce qui est le cas de son excellence monsieur le Pr. Alpha Condé. Il a été élu en 2015 pour la deuxième fois et au premier tour même. Le mandat du président continue. En ce qui concerne l’avenir du pays, c’est le peuple guinéen qui doit définir son avenir. Sans l’avis du peuple guinéen, rien ne passera. Il faut qu’on attende deux ans pour parler de quelque chose qui est au-delà du mandat du président Alpha Condé qui a été élu démocratiquement pour la deuxième fois. »

L’opposition guinéenne n’a pas apprécié la position du Kremlin. Pour Ahmed Kourouma du GRUP de Papa Koly Kourouma, « On ne craint rien du tout, je ne vais pas laisser un dictateur déguisé en démocrate, décider de l’avenir de mon pays. » De son côté, Faya Milimono du BL tranche : « La France, pays des droits de l’homme et les Etats-Unis d’Amérique, qui sont un des grands berceaux de la démocratie, ne se prêteraient jamais à ce genre de petit jeu…Il y a des sujets plus importants que d’écouter un soit disant Poutine. La Guinée n’est pas la Russie, soyons sérieux ! Nous avons des problèmes sociopolitiques, à régler. La Russie ne m’intéresse pas du tout ».

De toute évidence, réagit un Internaute, on ne doit pas perdre de vue que « La Russie est capable du pire pour tous les systèmes électoraux et informatiques les plus sécurisés partout dans le monde d’aujourd’hui. » Cet état de fait ne doit pas être minimisé. Après tout, Moscou a de grands projets miniers en Guinée à travers des oligarques russes indéboulonnables : Diandian, Fria Kimbo, et Débélé. Le jeu stratégique de Poutine est absolument malsain. Il pourrait bien se servir du régime de Conakry comme tremplin pour faire un contrepoids à la Chine,  à la France et à l’Union Européenne en Afrique de l’Ouest et au Sahel. C’est tout cela aussi qui constitue l’enjeu du 3è mandat. Etant entendu que « la Russie est techniquement capable de peser énormément dans la balance dans n’importe quelle élection en Guinée, particulièrement en faveur du Président de la République, à travers hackers capables aujourd’hui, de pirater même les systèmes électriques les plus sophistiqués dans les grands Etats développés. »

Au niveau interne, Conakry interdit toutes manifestations, militarise des endroits réputés être chauds et acquis à l’opposition. Des droits constitutionnels sont de fait violés et sans que cela n’émeut quelqu’un. Les Institutions comme la Cour constitutionnelle sont dévoyées. La Justice absente. On s’achemine tout droit vers une dictature sans nom. L’objectif est connu : terroriser les impénitents pour mieux faire sauter le verrou de la limitation du mandat constitutionnel au nom …du peuple. Et bonjour au chaos et donc du recul démocratique!

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