Crise dans le secteur de l’éducation : Le Gouvernement Guinéen victime de sa mauvaise stratégie

Lors de la première grève générale et illimitée du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée au mois de février dernier, Aboubacar Soumah leader du mouvement syndical fût qualifié de rebelle par le gouvernement. Après l’échec de toutes tentatives entamées pour anéantir Soumah, il a été rétabli dans ses droits par le chef de l’État qui l’a finalement reçu au palais Sekhoutoureyah avec tous les honneurs dû à son rang.

C’est ainsi qu’une commission a été mise en place avec pour but de trouver une solution à la crise dans le secteur de l’éducation à travers un dialogue franc entre le syndicat et la commission dirigée par le ministre Tibou Camara et Mohamed Saïd Fofana médiateur de la République. A l’époque animé par l’ambition de succéder à Monsieur Mamadi Youla à la primature, Ibrahima Kassory Fofana s’est invité à la danse en devenant membre de cette commission de négociations autour des 40% réclamés par le SLECG.

Les démarches menées à cet effet ont été sanctionnées par un protocole d’accord entre les deux parties. Protocole qui donna naissance à l’ouverture d’un couloir de négociation ainsi qu’une suspension de grève qui a trop duré. Aboubacar Soumah devenait ainsi l’homme fort du pays. Quelques mois plus tard , le peuple de Guinée se retrouve face à une autre crise sociale née de l’incapacité du gouvernement de gérer la chose publique. Il s’agit là de l’augmentation du prix des produits pétroliers à la pompe.

Le manque de stratégies visant à faire fléchir le gouvernement notamment celles engagées par les centrales syndicales CNTG-USTG dans le cadre de la réduction du prix des produits pétroliers à la pompe. Le gouvernement à travers la RTG avait utilisé Aboubacar Soumah comme bouclier pour affaiblir l’équipe dirigée par Amadou Diallo et Louis M’bemba Soumah. Ainsi pour régler son compte avec ses pairs, Soumah accepta de passer à l’acte avec une déclaration pour se désolidariser du mouvement en cours.

Une sortie médiatique qui permettait au Gouvernement de contrôler la situation. L’ennemi d’hier est donc devenu l’ami intime aujourd’hui. Et le moment d’honorer son engagement est arrivé, dialoguer avec le SLECG autour des 8 millions comme salaire de base par enseignant. La crise déplacée refait surface. Mais comme on était vent-debout pour être le numéro 1 du gouvernement on était pas en manque de stratégie pour faire face à n’importe quelle crise. Malheureusement sur le terrain la réalité est toute autre donc on commence a violé les textes de lois du pays notamment l’article 10 de la constitution Guinéenne pour se maintenir à son poste.

Rien de tout cela ne suffit, il faut procéder à des menaces graves désormais pour masquer le manque d’argument face aux réclamations des enseignants. Après de nombreuses menaces, les enseignants campent toujours sur leur position. Au retour d’une visite de travail à Fria, Kassory Fofana a fait escale à Tanènè pour rencontrer Elhadji Sekhouna Soumah. Le chef du gouvernement Guinéen a profité pour dire au Kountigui de la Basse côte de prodiguer de sages conseils au syndicaliste Aboubacar Soumah. La démarche du PM donne, sans nul doute une connotation ethnique à la chose. Alors que le combat que mène le camarade Soumah est légitime.

La Guinée n’est plus comme la deuxième république qui avait à faire à un peuple « dupe ». Les mensonges du passé ne feront plus le poids. Aucun cadre incompétent et corrompu ne s’imposera ici désormais. Le peuple veille au grain.

Ibrahima Djikinè, journaliste

L'équipe de Guinée Réalité attend vos messages dans les commentaires et sur redaction@guineerealite.info