100 jours après: Les forces et faiblesses de Kassory au palais de la colombe

Sa nomination à la fois comme un Espoir et une Inquiétude. Le Chef de l’État dérogeait pour la première fois à sa propre règle de nommer des Premiers Ministres manipulables à souhait. En cela c’était un espoir. Il n’est ni du RPG originel, ni même un allié de conviction. Le parfait prototype pour rompre avec la soumission au dictat d’une politique basée sur les récompenses. L’inquiétude vient de son passé. Les soupçons de détournement sous Lansana Conté, planent encore au dessus de sa tête, telle l’épée de Damoclès.

Quoi qu’il en soit, on a envie de juger l’homme à la tâche. La relance du dialogue politique: quelques jours seulement après sa prise de fonction, le nouveau locataire du Palais de la Colombe, qui répondait à la succession du Moriah à ce poste, a vite fait de contacter certains Leaders politiques. Kassory Fofana posait là son premier acte, s’inscrivant dans la rupture de ses deux premiers prédécesseurs.

La politique compte pour lui. Et le choix de Cellou Dalein pour commencer cette tournée indiquait bien la nature des relations entre les deux. En effet, le chef de file de l’opposition est un de ses plus vieux amis. Des manifestations: L’élan du dialogue politique est vite cassé, car même s’il a prouvé, en d’autres occasions qu’il avait la maitrise du dossier Cellou (en demandant notamment, avec succès, à l’UFDG de renoncer à une marche que celle-ci projetait), une autre situation vient casser la dynamique: très tôt, le nouveau Premier Ministre engage son premier bras de fer avec le mouvement social. De façon unilatérale, il fait augmenter les prix des produits pétroliers.

La grogne gagne la cité. Puis s’ensuit une série de manifestations sociales, dont certaines sont réprimées par la police. Malgré l’ampleur de la colère populaire, il finit par essouffler le mouvement à l’usure et par des accusations de pots de vin. Les fores sociales implosent, le carburant est maintenu à 10 000 GNF le litre. Les premiers succès: Le Premier Ministre Kassory Fofana réussit là où ses deux prédécesseurs ont échoué: exister. Mohamed Said Fofana et Mamady Youla étaient clairement des pantins dans un système dirigé par la main toute puissante du Chef de l’Etat. Kassory lui, a réussi à focaliser les attentions.

Le Président ne dirige plus tout. Ensuite, l’économie reprend des couleurs: « les indicateurs sont bons », à en croire un expert national. Le gouvernement décide d’augmenter les recettes et de diminuer ses dépenses. Le train de vie des Cadres est désormais sous haute surveillance et des sanctions sont prévues.

Deux directeurs généraux (OGP et OGC) sont limogés et poursuivis pour détournements massifs. Les bases de la lutte contre la corruption sont posées. Les premiers échecs: Premier bémol, la violation de la loi au profit du consensus. Les arrangements politiques passent mal dans certaines localités et exacerbent le penchant ethno-stratégique de certains guinéens. Sur ce point, le chantier est immense, et Don Kass ne semble pas encore faire du renforcement de la cohésion sociale une priorité.

La Rédaction du groupe Sud Média Guinée

 

 

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